A Lille, les étudiants peinent à se loger

La capitale des Flandres semble plus que jamais frappée par la crise du logement. Entre pénuries et hausse des prix, certains étudiants ont été contraints de revoir leurs critères de recherche.

Trouver un logement à Lille s’avère être un véritable casse-tête pour beaucoup d’étudiants en cette rentrée. Pour ne pas se retrouver sans toit, certains ont dû modifier leurs critères, de prix notamment. « J’ai fini par trouver un super appartement, mais j’ai du élargir mon budget pour avoir mon 30m2 », explique Célia, étudiante en première année de Langues étrangères appliquées. Cette dernière a par ailleurs dû visiter pas moins de quinze locations avant de mettre les pieds dans un endroit convenable. Car si les logements sont souvent chers, il arrive aussi qu’ils soient sales, voire insalubres.

Gaëtan, lui-aussi, a dû revoir ses conditions. «Beaucoup de propriétaires ne m’ont même pas laissé visiter car ils étaient débordés. J’ai donc cherché des appartements plus chers. J’avais un budget de 450 euros par mois au départ, et l’appartement que je loue est à 520 euros par mois en colocation », explique-t-il. 

Le prix des loyers en hausse

Nombreux sont les étudiants partageant un constat de loyers assez élevés, et cela même pour des surfaces modestes dans des quartiers peu prisés. « On a visité des appartements qui ne valaient pas leur prix, dont un appartement sans cuisine », raconte Alice, étudiante en éditions numériques et imprimées, qui est pour l’heure toujours à la recherche d’un logement avec son petit ami.

Sous les annonces de locations que l’on peut consulter sur certains groupes Facebook, il n’est pas rare de lire de nombreux commentaires se plaignant des prix pratiqués.

Selon les résultats d’une étude menée par le syndicat étudiant UNEF, le montant des loyers à Lille a d’ailleurs augmenté de 3,2% par rapport à l’an dernier.

« Je paye 800 euros par mois pour un F2 à Wazemmes »

Pour ceux qui, malgré les recherches, ne parviennent pas à trouver le graal, se rabattre sur la location via Airbnb devient parfois inévitable. C’est le cas d’Adam, qui est en formation pour quatre mois dans la capitale des Flandres. « J’ai regardé sur le bon coin et Facebook, je n’ai rien trouvé. Je paye donc 800 euros par mois pour un F2 à Wazemmes », déplore-t-il.

Car force est de constater que ce type de location est bien plus rentable pour les propriétaires. En faisant une recherche rapide sur la plate-forme en ligne, on trouve par exemple un appartement de 36 m2, au pied de la gare Lille Flandres, loué… 1 846 euros par mois.

L’encadrement des loyers – pour les locations classiques – voulu par Martine Aubry semble être la solution pour freiner leur hausse incessante. Mais c’est un dispositif à double tranchant, dans la mesure où il pourrait aussi pousser de plus en plus de propriétaires à louer via ce type de plateforme, à prix d’or. La crise du logement ne semble donc guerre près d’être réglée à Lille. Et celle-ci risque bien de continuer à toucher les étudiants dans les années à venir…

Rachel Cotte