Les portiques « anti-fraude » continuent leur déploiement dans le métro

Depuis plusieurs semaines, des portiques anti-fraude sont installés dans le métro alors que Martine Aubry souhaite une gratuité des transports en commun. Avec une revendication de plus en plus forte de la population, le débat est relancé dans la métropole.

Le déploiement des portiques « anti-fraude » va continuer dans les semaines à venir. Le réseau Ilévia l’a confirmé dans un communiqué. Au moins six nouvelles stations seront équipées d’ici les fêtes. Parmi elles, les stations Alsace, Gare Jean Baptiste-LeBas, Mercure ou encore Charles-De-Gaulle et Carlier. Inauguré il y a quatorze mois dans les premières stations, ce dispositif a permis, selon Ilevia,  une augmentation de 17% du nombre de titres compostés. Le chef du service contrôle, Philippe Bialais, affirme avoir vu une baisse de la délinquance entre 2018 et 2019.
Côté fraude, si en 2014 Ilevia était confronté à un taux de 18%, la MEL communique à présent un chiffre de 13%, soit une baisse de 5 points avec l’arrivée des portiques. Un gain non négligeable puisque un point de fraude correspond à une perte de 800 000 € pour la MEL. L’objectif pour 2024 est d’atteindre un taux de 5%. Du côté des usagers, l’installation de ces portiques est un succès, comme l’explique Mickaël, usager d’Ilevia « Je suis assez d’accord sur l’installation des portiques. Il y avait tellement de personnes qui ne payaient pas que je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu cela avant. C’est une bonne chose pour moi ! ».

Vers une gratuité des transports en commun ?

Alors que l’investissement a été de 60 millions d’euros pour ces portiques, soit 1 million d’euro par station, la maire de Lille a annoncé vouloir la gratuité des transports pour les jeunes de moins de 18 ans, les étudiants, les lycéens de plus de 18 ans, les personnes en situation de handicap, les retraités à faibles revenus ainsi que lors des journées de pics de pollution. Si cette dernière motion a été adoptée il y a quelques jours, cela ressemble plus à un véritable bras de fer entre la maire de Lille, Martine Aubry et le le président de la MEL, Damien Castelain. Le coût d’une telle opération serait en effet élevé. La billetterie pèse 30% dans les recettes d’Ilevia. La métropole lilloise devrait alors remettre au pot de la subvention environ 100 millions d’euros chaque année en plus des 200 millions qu’elle donne actuellement. Plusieurs possibilités s’offrent à elle pour financer ce projet, comme taxer les ménages ou les entreprises. Ou bien, tailler dans d’autres politiques publiques de la MEL. Il reste quelques mois de campagne électorale pour proposer un projet solide en vue d’une gratuité des transports à Lille.

Quentin Dubois



QUELQUES CHIFFRES –

317 millions : Il s’agit du coût total du réseau Ilévia sur l’année 2017.
203 millions : C’est le montant de la subvention de la MEL.
101 millions : La recette de la billeterie.
13 millions : La perte qu’Ilevia enregistre chaque année.
Le coût du passage à la gratuité serait d’environ 100 millions d’euros, soit 87€ par habitant chaque année pour Lille contre 4.5 millions d’euros et 22.5€ par habitant chaque année à Dunkerque où la gratuité des transports en commun est passée depuis le 1er septembre 2018.