Le food truck version Magdala : des frites pour les gourmands, un job pour les marginalisés

Depuis 1986, l’association Magdala aide les personnes en situation de précarité en les réinsérant dans le monde professionnel. Cette semaine, ces derniers avaient la possibilité de prouver leurs talents culinaires aux élèves de l’Université catholique de Lille grâce à un food truck prêté par Le Comptoir volant.

Au menu, poutine, frites, tartes, et de francs sourires à l’idée de se rendre utile pour les autres. Juan Carlos et Sandrine sont ravis de rompre avec la solitude de leur quotidien. Tous deux au chômage, ils ont intégré depuis deux ans l’association Magdala avec l’espoir de retrouver une situation financière stable. « On apprend différents métiers, on développe nos compétences », s’exprime la jeune femme de 38 ans. « Même si on n’a pas de diplôme, on prouve notre motivation », ajoute celui qui est arrivé à Lille il y a seulement trois ans. Si cette semaine, l’action du Food Truck se basait uniquement sur du volontariat, l’équipe des assistants sociaux souhaite employer par la suite des personnes au chômage et parcourir la ville en camion pour vendre leurs repas faits maison.

Lève-toi et marche…

A l’année, ce sont 200 travailleurs sociaux qui œuvrent pour répondre aux besoins des personnes en situation de précarité. Suivant la devise « Lève-toi et marche », l’association souhaite leur donner tous les outils afin qu’elles puissent retrouver un métier et une vie sociale. L’accompagnement inclut des cours de français, des conseils d’orientation, des entretiens professionnels et des ateliers permettant de développer des savoirs-faire : cuisine, environnement, théâtre, santé.

Thello prête main forte, par exemple, aux salariés de l’association. Originaire de Polynésie, il a tout quitté pour venir habiter à Lille, sans penser aux conditions dans lesquelles il arriverait sur le territoire métropolitain. « J’ai connu la rue mais aujourd’hui, dix ans après, je sais parler français, j’ai un logement et un travail. Tout ce que j’ai, je le dois à Magdala ». Et il se pourrait bien que l’ascension ne s’arrête pas là. Pour celui qui a toujours rêvé de porter la toque des chefs étoilés, le projet du Food truck apparaît comme un premier pas dans la cour des grands.

Juliette Dicque