Les transports en commun peuvent-ils être gratuits tout le temps à Lille ?

Les bus, métros et tramways sont désormais gratuits lors des pics de pollution. Mais peuvent-ils l’être en permanence ? La rédaction d' »En Faits » dresse les pour et les contre.

Le conseil de la Métropole européenne de Lille vient d’opter pour la gratuité des transports en commun durant les pics de pollution. Une mesure voulue par la maire de Lille, Martine Aubry, et le président de la MEL Damien Castelain. « En Faits » s’est demandé si cette mesure pouvait être applicable tous les jours de l’année. La rédaction a sollicité l’avis de deux élus du Nord pour en savoir plus.

Pour Sébastien Leprêtre, maire de La Madeleine et vide-président de la MEL : « La gratuité durant les pics de pollution était une mesure attendue. On répond à une urgence climatique par une mesure d’urgence. »

Mais pour les collectifs écologistes, il faut aller au bout de la démarche. Certains revendiquent la gratuité au quotidien. Ugo Bernalicis, député La France Insoumise, défend ce point de vue. « Il faut faciliter les modes de déplacement plus doux et diminuer le nombre de voitures en circulation. La gratuité pour tous, tout le temps, c’est notre revendication centrale » , assure-t-il. 

De son côté, le maire Les Républicains préfère rester prudent : « Il est très facile de déclarer que cette gratuité doit être permanente et totale. Surtout si c’est pour satisfaire une attente électorale. Mais il faut en mesurer le coût, les effets concrets que ça pourrait avoir sur le trafic, et être d’une grande lucidité ».

Qui va payer ?

La grande question reste celle du financement. « Il y a toujours quelqu’un qui paye : quand ce n’est pas l’usager, c’est le contribuable », rappelle Sébastien Leprêtre. Que le contribuable paye, c’est justement ce que propose le député de gauche : « Ce que nous payons en tant qu’usager (abonnements et tickets, ndlr) ne représente que 20 % du coût total des transports. Le reste est financé par les impôts locaux. Cette mesure pourrait donc être prise en charge à 100 % par l’impôt. »

Mais pourquoi ceux qui ne prennent jamais le métro ou le bus devraient-ils payer pour les autres ? « Parce qu’ils respirent le même air », conclut-il. Ugo Bernalicis rappelle que 1 700 personnes meurent chaque année des causes de la pollution de l’air. Quoi qu’il en soit, cette « gratuité » ne le serait donc pas pour tout le monde.

Olympe Bonnet