L’issue des municipales n’a jamais été aussi incertaine à Lille

Lille_mairie_arriere.JPGAlors que la décision de l’actuelle maire de Lille, Martine Aubry, se fait attendre (elle devrait être connue au cours du mois d’octobre), la rédaction de « En Faits » revient sur les candidats déclarés aux municipales 2020 dans la capitale des flandres.

LREM en embuscade 

Le parti de la majorité a investi Violette Spillebout, ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry, comme tête de liste, au détriment de la député du Nord, Valérie Petit pourtant donnée favorite. Les marcheurs ont de bons espoirs de remporter le beffroi en 2020, car pour le parti fondé en 2017 par Emmanuel Macron tous les voyants sont au vert à Lille : lors des élections européennes, LREM est arrivée en tête à Lille avec 22,08% des suffrages. De plus le candidat UDI Nicolas Lebas s’est rallié au projet d’En Marche à Lille, confortant un peu plus la candidature de Violette Spillebout. Enfin, la candidate LREM peut compter sur des soutiens locaux de poids comme celui de Gérald Darmanin, actuel ministre de l’Action des comptes publics, maire de Tourcoing jusqu’en 2017 et conseiller régional des Hauts de France.

La droite affaiblie par des divisons internes

Les Républicains ont accordé leur confiance à l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac, Marc Philippe Daubresse actuellement sénateur du Nord et ancien maire de Lambersart. Mais celui-ci ne fait pas l’unanimité à droite comme le prouve la liste dissidente menée par Thierry Pauchet (centre-droit) qui estime être plus crédible que lui avec son statut de chef de file de la droite au conseil municipal de Lille. Les deux candidats espèrent encore se convaincre l’un l’autre de rallier leurs listes respectives pour éviter de disperser les voix des lillois.

Le RN ne se fait pas d’illusions 

L’avocat Eric Cattelin-Denu, actuel conseiller municipal et conseiller à la métropole européenne de Lille a été désigné par le parti de Marine Le Pen comme tête de liste en vue des élections de 2020. L’ancien candidat du Front national Eric Dillies (qui a quitté le parti en 2018), arrivé en troisième place aux dernières élections municipales avec 18% des suffrages, pourrait sérieusement compliquer les ambitions du Rassemblement National s’il décide de se lancer lui aussi dans la course. Globalement la mission s’annonce presque impossible pour Eric Cattelin-Denu qui va devoir remobiliser un électorat RN en baisse (13,85% des voix aux élections européennes) depuis quelques années.

EELV : L’autre outsider 

Fort de son bon résultat aux élections européennes dans la capitale des flandres (21,7%), le parti de Yannick Jadot se voit pousser des ailes à Lille. Fini les alliances avec la gauche, Europe Ecologie Les Verts veut conquérir la mairie par ses propre moyens. Pour cela les militants du parti ont désigné comme tête de liste, le binôme formé par Stéphane Baly (conseiller municipal) et Stéphanie Bocquet.

Pas de « tête de liste » pour LFI

Adrien Quatenens qui était le candidat naturel du parti à Lille, a choisi de ne pas être candidat, privilégiant ses obligations nationales (il est député du Nord). A sa place, le parti a désigné Elodie Cloez (étudiante à Lille 2) et Julien Poix (professeur d’histoire au collège) comme « chefs de file « . Ces deux personnalités ne sont pas « têtes de liste » pour autant, comme l’a expliqué Adrien Quatenens lors d’une conférence de presse le 26 septembre à Lille. Si des militants se distinguent pendant la campagne, ils pourraient alors prendre la tête de la liste et ainsi remplacer le binôme désigné. Ce coup de com laisse transparaître un plan de bataille encore mal défini chez les Insoumis qui se remettent doucement de la tempête médiatique qui a fait suite au procès de leur leader Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci est en effet accusé d’avoir intimidé un magistrat et d’avoir fait acte de rébellion lors d’une perquisition au siège de son parti le 16 octobre 2018. Ça laisse des traces…

 

Côme Dubois