C’est hilarant, mais jusqu’à quand ?

C’est le troisième produit psychotrope le plus consommé chez les jeunes, derrière le cannabis et le Poppers. Il reste pourtant grandement méconnu et nombreux sont ceux qui se posent la question sur ces petites capsules grises qu’on trouve de plus en plus par terre dans la rue.

 Ce produit, c’est le protoxyde d’azote. Il est disponible en vente libre en grande surface, dans de petite cartouche métallique et certaines petites superettes se sont même mises à les vendre. Si ces cartouches sont initialement destinées à la cuisine (syphons de chantilly), cela fait quelques années qu’elles sont détournées de cet usage en raison de leurs propriétés euphorisantes.

protoxyde d’azote et ballons de baudruche – Asud.org

L’inhalation du « proto » entraîne une euphorie similaire à l’ivresse, avec des crises de fou rire incontrôlables et, dans certains cas, des distorsions visuelles et auditives. Ces effets sont quasiment instantanés et disparaissent assez rapidement (environ 2 à 3 minutes) ce qui le rend particulièrement attrayant chez les jeunes. Très utilisé dans le milieu de la médecine pour ses propriétés anesthésiantes, il devient dangereux à forte dose. En effet, l’inhalation répété du produit peut conduire à un manque d’oxygène ou à de véritables anesthésies pouvant entraîner la mort.

Sa banalisation chez les jeunes inquiète le centre de pharmacovigilance du Nord Pas de Calais (CRPV). La loi ne pose aucun cadre légal à sa vente et, même si sa dépendance reste discutée, le faible coût du protoxyde d’azote ainsi que la disparition rapide de ses effets peuvent conduire à une consommation excessive. Certains élus locaux, pour combler ce qui leur semble être un vide juridique, ont pris ces derniers mois des arrêtés interdisant sa vente aux mineurs et certains commerces sont allés jusqu’à retirer totalement le produit de la vente.

 Deux propositions de loi ont été déposé à l’Assemblé nationale et au Sénat pour interdire la vente aux mineurs sur l’ensemble du territoire, mais certains spécialistes craignent que la mesure d’interdiction soit inefficace. En privilégiant l’interdiction à la prévention, il est possible que les jeunes consommateurs aillent se fournir sur internet, où la composition du produit peut être différente ou, plus embêtant, faire un report d’addiction sur des produits plus dangereux car, comme avec les autres drogues, l’interdiction ne stoppera pas la consommation.

Romain Goudarzi