Calais a vibré avec l’arrivée de son dragon

Le week-end dernier, les Calaisiens ont enfin pu découvrir leur dragon. Imaginé et construit par la compagnie La Machine de François Delarozière, la créature fantastique a attiré plus de 400 000 visiteurs et restera sur la côte d’Opale pour plusieurs années. Retour sur trois jours de fête.

Une histoire racontée

Arrivé il y a plusieurs semaines à Calais en toute discrétion, le dragon était prêt pour conquérir les Calaisiens. Durant ces trois jours, du 1er au 3 novembre, la compagnie La Machine, dirigée par François Delarozière (qui est très familier avec la ville) a voulu raconter une histoire. En effet, suite aux travaux menés récemment pour étendre le port de Calais, les ouvriers ont débloqué une pierre sacrée verrouillant la porte du nord qui protège la surface de la terre des mondes enfouis. Une créature fantastique réussit alors à franchir cette porte pour arriver dans notre monde actuel. Libéré des mondes souterrains, le dragon va entrer dans la ville. 

Trois actes ont été étalés sur les trois jours. L’acte I, vendredi, met en scène « La confrontation ». Les habitants, terrifiés par l’apparition du dragon ont érigé des barricades pour lui interdire l’accès à la ville. Mais la bête, motivée à visiter la ville, arrive à s’enfoncer dans le centre-ville malgré les obstacles : c’est l’acte II du samedi nommé  « Les embuscades ». Le dernier jour, c’est « L’apaisement ». Le dragon est mélomane, ce qui va conduire à la réconciliation entre lui et les hommes. Il est ainsi devenu le dragon de Calais à l’issu d’un final explosif sur la plage.

Le Dragon s’est endormi sur la digue Gaston Berthe de Calais sous les yeux émerveillés des visiteurs. ©TD

Le dragon en quelques chiffres 

D’une longueur de 25 mètres et d’une largueur de 5 à 17,5 mètres avec ses ailes déployées, le dragon de 72 tonnes a été fabriqué avec du bois, du métal, du cuir, de la toile et du cuivre. La créature fantastique est passée dans des lieux symboliques de Calais. Du front de mer jusqu’à la place de Norvège en passant par la place d’Armes, et le Bassin Ouest, la bête d’une hauteur de 10 à 15 mètres s’est déplacée à 4 km/h

Grâce à ses ailes, le Dragon peut arriver à une largueur de 17,5 mètres. ©TD

Ses fluides sont l’eau, l’air, l’électricité et l’hydraulique. Il a pu respirer, projeter de la fumée, des flammes, des jets d’eau. Du son sortait également de lui pour donner ce côté réaliste. De 4 à 17 personnes l’ont manipulé, à chaque partie du corps. Un abri a été construit pour qu’il puisse veiller sur la ville.

« Casser l’image de la ville »

Jeudi 31 octobre, veille du premier jour de spectacle, les riverains ont pu observer avec surprise le dragon, yeux fermés, sur le front de mer. De nombreux visiteurs se sont empressés pour le découvrir. « C’est sublime, on dirait qu’il sort directement de la série britannique ‘Game of Thrones‘ » chuchote Clément, 21 ans. 

Le lendemain soir, lors de « La confrontation », de nombreux enfants étaient émerveillés. « Waouh », « C’est trop beau » ont fusé devant le beffroi de l’hôtel de ville. Tout comme les enfants, les plus grands ont des réactions très positives. « C’est très impressionnant », débute Catherine. « Le dragon est immense, ces scènes sont dignes de films d’action et fantastiques », enchérit Benoît. 

À la fin des trois jours, et plus précisément à la fin du spectacle final sur le Front de mer, le public lui fait une standing ovation. « Ces trois jours ont été sublimes. Grâce à cet événement, nous pensons et nous passons à autre chose. Calais est connu à travers le monde entier avec la crise migratoire et la Jungle. Ce dragon a cassé l’image de la ville. Il redore son blason. », confie Charles, venu avec ses enfants. Invité par la municipalité à assister à un soir de spectacle, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a parlé d’une « reconquête ». C’est un pari réussi pour François Delarozière et sa compagnie La Machine, qui ne comptent pas s’arrêter là. 

Le Dragon s’est endormi à la fin du spectacle. Il se réveillera le mardi 17 décembre pour ses balades. ©TD

Et après ?

Près d’une semaine s’est écoulée depuis ce week-end de fête et les retombées sont très positives. Les musées et autres monuments ont recensé une augmentation de fréquentation durant ce week-end. 

À partir du mardi 17 décembre, on pourra faire un tour de dragon. Durant ce mois de novembre, la créature fantastique va être retravaillée pour qu’il puisse recevoir une cinquantaine de personnes sur son dos. D’un prix allant de 5 (prix réduit) à 9 euros 50, les visiteurs pourront se balader sur le dragon pendant vingtaine de minutes. Il pourra également être privatisé.

Le dragon est la première étape d’une longue histoire. Un varan de voyage, inspiré du varan Pérenti, va être construit pour 2021-2022. Une famille de six iguanes se déploiera au Fort Nieulay pour 2022-2023.  Le coût global de l’opération est de 27 millions d’euros. Soixante-dix emplois seront créés à l’issu de ce grand projet, qui mettra ces types de créatures dans différents lieux emblématiques de Calais. 

Thibaud Duquenne