Halloween: un terrifiant bilan environnemental

Davantage dans les pays anglo-saxons qu’en France, la fête d’halloween est un vrai rendez-vous. A la veille du week-end de la Toussaint, les Américains s’apprêtaient cette année encore à dépenser entre 8,8 et 10 milliards de dollars pour cette fête, le 31 octobre, date symbolique pour les plus sombres et terrifiants costumes. Mais à quel prix ? Une chose est sûre, la note est salée pour l’environnement.

Cette année encore, malgré l’ampleur des nombreuses manifestations internationales en faveur de la protection du climat, neuf familles américaines et anglaises sur dix avaient prévu d’investir pour leurs déguisements d’Halloween.
D’après l’association écologiste Hubbub, ces costumes génèrent une production de plastique de plus de 2 000 tonnes. Faityland Trust, autre association américaine ajoute qu’en effet, 83% des matériaux utilisés pour la fabrication de ces costumes ne sont pas recyclables. S’ajoute à cela une manière d’acheter non moins contestable. Pour cause, les achats sont le plus souvent fait sur les plateformes Amazon et Asos, peu réputées pour leurs engagements écologiques.

Concernant les composants, le bilan n’est pas moins alarmant. Parmi les décorations et les costumes conçus pour l’événement, on retrouve des effrayants dérivés de pétrole et de plastique : un joyeux cocktail pour Halloween…
Pour la potion magique rajoutons un suremballage, et une production bas de gamme. Les produits, fabriqués pour la plupart en Chine, à Taiwan ou encore au Bangladesh participent au bon fonctionnement d’un travail aux conditions déplorables, l’économie « Made in China ».

Quelques sonnettes et bonbons plus tard, les costumes sont jetés. Une fin tragique pour un costume à usage unique. En 2017 en Angleterre, sept millions de costumes ont été retrouvés dans les poubelles du pays les jours suivants la fameuse fête.

Des idées pour la distribution des bonbons d’Halloween, canalvie.com

Des bonbons et un mauvais sort !

Essentiels aux célébrations d’Halloween, les bonbons permettent aux confiseurs une augmentation de leur chiffre d’affaire de plus de 60%. Des couleurs, du sucre, du piquant et du croquant : de quoi faire saliver les petits monstres d’Halloween. Pourtant, la véritable recette est un peu plus sombre : huile de palme, sucre raffiné, dioxyde de titane, additifs dérivés du goudron, ammoniaque… Quelques surprises supplémentaires à retrouver dans les seaux débordant des enfants. Des bonbons, dangereux pour la santé et qui creusent davantage l’empreinte écologique de la fête.

Les Américains achètent près de 600 millions de livres de bonbons d’Halloween, pour un montant total de 2,6 milliards de dollars. Une fois la fête finie, les emballages en plastique demeurent dans le décharges pendant plusieurs décennies. De fait, leur petite taille fait que les équipements de tri n’arrivent pas à les traiter. C’est ainsi que les papiers de bonbons deviennent non recyclables. De plus, bien que certains bonbons soient emballés de papiers, ils sont aussi composés d’une pellicule cireuse qui les conduit directement à la poubelle.

Quand la citrouille perd son carrosse…

Meilleure en apparence pour la santé, la citrouille est arrachée aux rayons des supermarchés en période d’Halloween. Pourtant, elle est aussi responsable des dommages environnementaux de la fête. Le transport du légume à la bouille sympathique représente en effet une grande source de pollution. En Écosse, deux tiers des 100 000 citrouilles achetées chaque année ne sont pas consommés. Aux Etats-Unis, on parle de 1,3 milliard de livres.

Aux oubliettes Halloween ?

Non, pas forcément, il existe des solutions ! Tout d’abord, chacun peut fabriquer son costume et ses décorations. Une assistance téléphonique a été mise en place cette année pour conseiller les particuliers à partir de leur dressing existant vers un choix de costume éco-responsable.
Pour les bonbons, il est aussi possible de cuisiner des sucreries maisons. Le site du WWF proposait pour la fête, de nombreuses recettes et guides pour préparer sa fête soi-même tout en pensant à la planète.

En attendant l’année prochaine, Noël arrive, une bonne occasion de s’essayer aux préparatifs d’une fête aussi brillante que responsable.

Manon Serenne