Des « héros ordinaires », des coiffeurs bénévoles offrent leurs services pour les sans-abris

Une maraude pas comme les autres ! Chaque deuxième dimanche de chaque mois, l’association « Héros ordinaires », propose aux personnes sans domicile fixe une coupe de cheveux gratuite, mais surtout un moment d’échange et de partage. Ce dimanche 10 novembre, tondeuses, ciseaux et miroirs ont été installés au Moulin de Wazemmes. 

« Ça fait du bien », s’exclame Willy Larivière, le sourire aux lèvres et la main dans les cheveux, tout juste coupés et coiffés. Derrière les ciseaux, Julien Lap, lui répond d’un même sourire. Chaque deuxième dimanche de chaque mois, Willy Larivière est le premier à se faire arranger les cheveux par des coiffeurs bénévoles. Membres de l’association lilloise « héros ordinaires », inspirée du mouvement « Coiff in the Street », initié par le coiffeur marseillais Kevin Ortega, ils offrent mensuellement leurs services aux sans-abris tout en proposant un moment de partage et d’échange. Le but pour Honoré James, vice-président de l’association créée en avril dernier ? « Redonner le sourire aux plus démunis par une coiffure, des dons ou un café », autant de parenthèses dans le quotidien d’une vie à la rue.  

« C’est magnifique ce qu’ils font », lance Willy, ému, alors qu’il regarde un tas de vêtements et de produits d’hygiène issus de dons, et disposés sur quelques tables. Âgé de 70 ans, Willy Larivière vit dans la rue depuis quatre ans. Depuis un an à Lille, il espère rencontrer Martine Aubry. « Elle ne nous regarde pas. On ne l’intéresse pas. Je voudrais lui faire comprendre qu’il y a des gens malheureux dans sa ville. J’aimerais l’inviter une fois à vivre dans la rue », affirme-t-il en ayant conscience de lancer cette invitation comme une bouteille à la mer. 

received_1301873116679876
La Maraude des « Héros ordinaires » a été organisée avec l’aide de l’association Entourage Lille, qui permet la création d’un lien social entre voisins avec et sans domicile fixe.

Après la rue en avril dernier, les coiffeurs ont installé sèches-cheveux, peignes et tabliers au Moulin de Wazemmes où ils ont retrouvé des habitués. Car chaque mois, ce sont les mêmes têtes qui reviennent s’asseoir devant un miroir sous la tondeuse. Des têtes souvent masculines. « Aujourd’hui, il n’y a aucune femme. Les femmes ont tendance à avoir plus le sentiment de honte que les hommes », regrette Honoré James qui souhaite redonner de l’estime de soi à ceux qui l’ont perdu. 

                                                                                                 Océane Pirez