Des chaussures sur les pavés pour représenter toutes celles qui ne pourront plus les porter

Cent trente-six femmes sont mortes depuis le début de l’année sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Pour dénoncer ces féminicides, l’association « Nous Toutes 59 » a organisé un happening samedi 16 novembre. Sans battre le pavé, des chaussures ont été disposées, place de la République, autant de paires que de vies retirées. 

C’est une scène étonnante qui s’est déroulée devant le Palais des Beaux-Arts samedi après-midi. Une dizaine de femmes ont déposé des chaussures sur les pavés de la place de la République ; escarpins, baskets, sandalettes… Ce sont autant de paires qui ne trouveront plus de pieds à leurs chaussures. « L’action d’aujourd’hui a pour but de sensibiliser la société à tous les féminicides qu’il y a depuis le début de l’année« , explique Blandine Cuvilier, bénévole à l’association « Nous Toutes 59 », organisatrice de l’happening.

Cent trente-six femmes ont été tuées sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint depuis le début de l’année 2019. Un fléau que dénoncent les bénévoles de l’association, plus de deux mois après un Grenelle contre les violences conjugales, « peu convaincant ». « Faire un Grenelle est une bonne initiative mais après, il faut qu’il y ait des actions derrière », lance Blandine Cuvilier, qui réclame plus de moyens. »Marlène Schiappa a lancé un milliard d’euros pour la lutte en faveur de l’égalité femme-homme. Il faut prendre conscience que le haut conseil de l’égalité a dit qu’il faudrait un milliard juste pour lutter contre les violences. Et en plus, quand on regarde avec plus d’attention le budget alloué, 75% sont destinés à des fonds internationaux. 283 millions sont vraiment destinés à la lutte pour l’égalité femme-homme en France, ce qui est vraiment insuffisant« , dénonce la bénévole en interpellant des passants dont la marche a été suspendue par l’étonnement suscité par les dizaines de paires de chaussures qui jonchent le sol. Interpeller, tel était le but des bénévoles qui espèrent attirer le plus de monde possible à la marche contre les violences sexuelles et sexistes du 23 novembre prochain. Le rendez-vous est donné à 14h sur la Grand’Place.

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Océane Pirez