Municipales à Roubaix : fractures à droite

Alors qu’elle espérait une campagne sans fausse note, voilà la droite roubaisienne rattrapée par le spectre de la fracture. En cause le soutien apporté au maire sortant par La république en marche alors que parti LR exclut l’un de ses cadres, Maël Camerlynck, qui refuse de s’allier au parti présidentiel et annonce son intention de mener une liste dissidente.

La sanction est tombée. Lundi 25 Novembre : Maël Camerlynck, cadre LR, délégué de la 8ème circonscription du Nord est exclu du parti. Motif ? Constitution d’une liste dissidente aux municipales et rapprochement avec le Front National. Un épisode de plus dans le récit d’une fracture qui divise la droite roubaisienne depuis plusieurs mois.

Pour la droite roubaisienne, ces élections municipales semblaient se préparer sous les meilleurs auspices : une opposition de gauche divisée, un bilan jugé solide à défaut d’être spectaculaire, et le parti présidentiel La République en Marche qui renonçait à présenter une liste autonome, soutenant le maire sortant en échange d’une présence sur la liste.

Las, c’était sans compter le débat qui agite la droite depuis l’élection présidentielle sur l’attitude à avoir face à Emmanuel Macron, son parti et ses soutiens. Le coup de semonce est venu en Octobre 2018. Lors du scrutin interne qui a vu Sébastien Huyghes s’imposer à la tête de la fédération LR du Nord, sont également renouvelés l’ensemble des délégués de circonscription. Sur la 8ème circonscription du Nord, qui couvre le centre-ville de Roubaix, Maël Camerlynck bat, à la surprise générale le candidat soutenu par la majorité municipale. Son argument de campagne ? « Aucune alliance entre LR et LREM lors des élections municipales de 2020 ». Le ton est donné.

Une alliance avec des anciens du RN

La coalition dénoncée ayant eu lieu, le nouveau délégué de circonscription met donc sa menace à exécution et décide en Octobre 2019 d’annoncer officiellement sa liste, en compagnie de trois élus municipaux sortants, ex -Rassemblement National en rupture de ban avec leur parti mais élu sur sa liste en 2014. Cet attelage, s’il concède au maire sortant une « bonne gestion » reproche un « manque de vision » et parle de réindustrialisation du territoire, de soutien aux promoteurs privés et de pôles d’excellence.

L’alliance a été immédiatement dénoncée par les instances du parti, en l’espèce le président de la fédération Sébastien Huyghes, qui va jusqu’à promettre une « exclusion rapide » du dissident et qui confirme le soutien du parti au maire sortant Guillaume Delbar, élu sous ses couleurs en 2014. Une exclusion maintenant actée mais qui n’entame pas la détermination du candidat qui proclame être « maintenant libre […] de m’engager pour ma ville ». Charge aux Roubaisiens de délivrer leur verdict au printemps prochain.

Guillaume Mereb