Lille Sud se met « en s’elles » et pédale pour émanciper la femme

Tous les vendredi matin de 9h à 11h, la Fabrique du Sud accueille les ateliers « En s’elles », des cours de vélo proposés par Lille Insertion dans le but d’émanciper les femmes du quartier.

« Dépasser les barrières du périphérique mais aussi celles qu’on se met dans la tête ». Lorsque certains quartiers comme Lille Sud sont mal desservis par les transports en commun, le vélo peut être une bonne alternative à la voiture qui pollue et coûte cher. Lille Insertion en a conscience et a développé pour cela le projet « En s’elles », des cours de vélo hebdomadaires gratuits mais avec une particularité : ces derniers sont uniquement réservés aux femmes. Lucie Vidal, la coordinatrice de l’initiative, explique ce choix par la volonté d’éviter tout jugement de la part des hommes. « On veut qu’elles trouvent leur équilibre dans un entourage bienveillant, qu’elles s’expriment librement. On agit dans une optique d’émancipation ». « En s’elles » est d’ailleurs née d’une demande des femmes de Lille Sud il y a déjà deux ans. Attirées par les ateliers réalisés au sein des écoles, celles-ci ont voulu se mettre en selle. Depuis, chacune d’entre elles peut assister tous les vendredi matin à des cours enseignés par une éducatrice sportive de l’association Passerelle.

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Waafa Ovali, médiatrice de la Fabrique du Sud, montre comment regonfler le pneu de son vélo.

Créer le lien social à travers la découverte du quartier

« En s’elles » ne s’arrête pas aux limites du quartier et vise l’émancipation avec un E majuscule. Pour Lucie, « l’objectif est aussi de créer un lien social fort et de faire découvrir aux femmes leur quartier quand celles-ci ne sortent pas beaucoup de chez elles ». Des balades à travers les lieux culte tels que la mairie ou les maisons de la culture sont donc proposées pour les plus averties des apprenties du vélo. L’équipe de Lille Insertion prévoit même, par la suite, de partir tout un week-end. « Quand il faut s’occuper des enfants, boucler sa fin de mois, il est sûr que le vélo n’est pas la priorité mais c’est important pour les femmes de se retrouver dans la convivialité ».

Juliette Dicque