Martine Aubry, un dernier tour et puis s'en va ?

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C’était un secret de polichinelle. Le 28 novembre, dans une interview réalisé par nos confrères de La Voix du Nord, l’actuelle maire de Lille a annoncé briguer un mandat supplémentaire dans la capitale des Flandres.

Elle avait promis en 2013 lors de la précédente campagne municipale qu’elle ne se représenterait pas. Pourtant elle sera bien présente sur la ligne de départ le 15 mars prochain. 

Mais la « dame de fer », surnom qu’elle a obtenu à force de ne rien lâcher, se défend de sa volte face : « J’avais considéré sain de partir après trois mandats. Mais je n’avais pas imaginé la situation de notre pays ». 

Véritable engagement politique auprès des Lillois ou calcul électoral ? La réponse ne laisse pas beaucoup de place aux doutes. 

La maire de Lille a du mal à trouver un héritier pour conserver l’un des derniers bastions socialistes. Son ami de longue date, Pierre de Saintignon est décédé en mars dernier, et son bras droit, Walid Hanna a décidé de raccrocher à la fin du mandat actuel.

La bataille pour le beffroi n’a jamais été aussi ouverte 

Quoiqu’il en soit, la partie s’annonce compliquée pour Martine Aubry, prise en étau entre d’un côté Stéphane Bally qui mène ses anciens alliés d’Europe Ecologie Les Verts et de l’autre côté son ex-directrice de cabinet, Violette Spillebout, passée à En Marche en 2016. 

Ces deux personnalités locales sont de sérieux adversaires qui peuvent s’appuyer sur les bons résultats de leurs partis aux dernières élections européennes (22% pour LREM et 21,5% pour EELV) afin de bousculer la majorité socialiste qui est à la tête de la ville depuis 1955. 

Pour Martine Aubry, l’adversaire est clairement désignée en la personne de Violette Spillebout, son ancienne filleule en politique, la candidate LREM aux élections municipales : « On ne peut pas à la fois soutenir la politique du président de la République et prétendre faire le contraire ici. Mais je n’ai rien à dire sur les autres candidats. Et je n’attaque pas les personnes. J’aimerais qu’on soit dans la vérité des faits, le respect, la morale.» a-t-elle déclaré dans La Voix du Nord à propos de sa rivale.

Une vétéran du PS prête à tout pour sauver sa peau

Cela fait maintenant 19 ans que Martine Aubry est à la tête de la capitale des Flandres.  Avec un nouveau mandat, si elle est élue, elle régnerait depuis un quart de siècle sur le beffroi.

Pour ses adversaires, cela serait surtout une belle ironie. En effet plusieurs candidats dont Violette Spillebout, ont rappelé que l’actuelle maire de Lille avait elle même fait adopter une règle de non-cumul de plus de 3 mandats successifs lorsqu’elle était encore première secrétaire du Parti Socialiste.

Cette controverse ne va pas arrêter la fille de Jacques Delors, qui avait en réalité anticipé cette difficulté en créant son micro parti « Lille avenir » au cours de l’année 2018. 

Ce tour de passe-passe suffira-t-il cependant à faire revenir les déçus du socialisme qui se sont éparpillés après le big bang des dernières élections présidentielles ?

Nul ne le sait, en revanche les conséquences en cas d’échec sont connues : si Lille est perdue, le PS sera orphelin de l’un des trois derniers bastions qu’il lui reste avec Nantes et Paris.

Côme Dubois