Grenelle des violences conjugales : une déception pour #NousToutes

Déjà une semaine que le Grenelle des violences conjugales est clôturé. Ouvert le 3 septembre dernier, il a permis au gouvernement de proposer une série de mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes. Les collectifs et associations féministes, épuisés et déçus, gardent espoir pour la suite de cette bataille.

« Monsieur le Président, nous exigeons un milliard d’euros pour en finir avec les féminicides et les violences sexistes et sexuelles » s’est exprimé le collectif #NousToutes lundi soir à quelques pas de l’Hôtel Matignon pour lutter contre les mesures du gouvernement jugées insuffisantes. Parmi ces dernières : une ligne téléphonique d’écoute, plus d’intervenants sociaux dans les commissariats, une grille d’évaluation des dangers, la fin « d’absurdités juridiques », la notion « d’emprise » dans le Code civil, une réflexion sur le secret médical, 1000 nouvelles places d’hébergement pour les femmes victimes, la prise en charge des auteurs de violence, la formation des enseignants, des discussions annuelles dans les établissements secondaires ou encore un module dédié pendant le Service National Universel. Un milliard d’euros aurait été promis par le chef du gouvernement pour l’égalité entre les femmes et les hommes en 2020. Pourtant sur ce milliard, seulement 361 millions d’euros seront dédiés à la lutte contre les violences conjugales.

« On attendait des moyens financiers »

361 millions d’euros : une somme semblable à l’année précédente, loin d’être suffisante. « On attendait des moyens financiers qui marquent un changement d’échelle. De ce côté, c’est zéro pointé » d’après le communiqué de #NousToutes ajoutant que « c’est une énorme déception » pour le collectif mais aussi pour les associations Femmes solidaires, la Fondation des femmes, le Planning familial, l’association Une femme un toit, le mouvement du Nid, ou encore la Fédération des acteurs de la solidarité. Dans un communiqué, ces dernières ont fait part de leur avis : « il est temps pour le gouvernement de changer de cap car il est illusoire de penser que l’on baissera durablement les violences contre les femmes en France sans moyens supplémentaires ».

Les associations en attendaient plus

« J’espère qu’on aura pas à refaire une marche l’année prochaine » explique Nora Houdart, bénévole au sein du collectif #NousToutes à Lille, épuisée de cette bataille avec le gouvernement. Ce que souhaite le collectif : des places ouvertes dans des foyers, de l’aide psychologique, des policiers et des juges mieux formés. D’après Nora, « il y a un gros problème de culture en France ». Le collectif #NousToutes espère avoir, non pas du militantisme de façade de la part de Marlène Schiappa secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, mais de vraies mesures. De plus, « il faut arrêter de stigmatiser les femmes qui sont pas comme elles, les musulmanes ou les femmes trans qui méritent d’être incluses dans le combat » raconte Nora, ajoutant que pour le moment, ce que fait le gouvernement, « ce n’est pas du vrai féminisme ».

Léonie JOUET