Municipales à Tourcoing, le PS sort du jeu

Alors que Gerard Darmanin, candidat encore officieux mais très probable, part nettement favori, la gauche locale s’estime menacée de disparition. Alors que les appels à l’union restent abstraits, le Parti Socialiste à décidé de s’effacer et de rallier la liste du collectif Ambition commune.

C’est une petite révolution à Tourcoing, le Parti Socialiste, qui avait dirigé la ville à de nombreuses reprises, nottament entre 1989 et 2014 ne sera pas présent en tant que liste autonome aux élections municipales du printemps prochain. Le PS local a acté son ralliement à la liste du collectif « sans démarche partisane » Ambition commune.

Un choix contraint par les événements

Ce collectif mené entre-autres par l’ancien adjoint au maire Franck Taplaert entend « présenter un projet construit avec les citoyens, en allant notamment chercher l’intelligence dans les quartiers. Les sources d’inspiration, à savoir les villes de Grenoble et Grande-Synthe, parlent à la gauche et rencontrent visiblement un écho jusque dans les partis.

Cependant, ce choix côté socialiste est peut-être également un choix contraint par les événements. Il est en effet dépourvu de chef de file naturel depuis le ralliement de l’ancien maire, Michel-François Delannoy, à Emmanuel Macron et son exclusion du parti. Un départ précédé de plusieurs autres, tant vers en Marche que vers Générations.s, le mouvement de Benoit Hamon. Une candidature autonome, dans ces conditions, risquait fort de se traduire par un échec retentissant. Certains en ses rangs, tels le conseiller municipal Vincent Lannoo avaient de leur coté fait part de leur intérêt pour le collectif Ambition Commune dès le lancement de ce dernier.

Une union de la gauche inachevée

L’horizon est cependant loin d’être dégagée pour la gauche tourquennoise. Outre le PS, les écologistes portés par leur score aux européennes ont le vent en poupe et se voient bien incarner l’alternative de gauche à Gérald Darmanin, de préférence au sein d’une liste d’union, mais une union faite derrière leur potentielle tête de liste Katy Vuylsteker. L’écologiste entend rassembler à gauche du PS, sans pour autant exclure de partir seule. Une démarche qui permet aussi d’expliquer le ralliement socialiste qui ne veut pas se retrouver isolé face à cette offensive.

Enfin, bien qu’affaibli et divisé par les récentes vagues d’exclusions qui ont frappé sa fédération du Nord, le Rassemblement National reste toujours en embuscade, prêt à briguer les voix d’un électorat populaire dont la gauche aura pourtant bien besoin pour espérer faire chuter le ministre du budget dans son fief.

Guillaume Mereb