« Street médic », dans l’urgence de la manifestation

Secouristes improvisé lors de manifestation, les « street médics » sont amené à intervenir de plus en plus souvent en France du fait de la militarisation des forces de maintien de l’ordre. Peu nombreux, ils contribuent à la santé des manifestants lors de l’événement. Du simple malaise aux blessures lors des affrontements, immersion à leurs côtés au cœur de la manifestation du 5 décembre à Lille.

Porte de Paris, jeudi 5 décembre, un groupe de 7 hommes se rassemblent. Masque à gaz, casque, lunette de protection et tee-shirt blanc portant une croix rouge, ce sont les « street médics ». Dans leurs sacs des compresses, des bandes, des écharpes pour l’épaule, des poches de froid instantanées et des pansements anti-hémorragiques appelés cousins hémostatiques d’urgence. Pour eux la tâche est immense. Entre 14 000 et 20 000 personnes sont attendues pour la manifestation. Leur but, porter assistance aux personnes en danger : que ce soit une victime d’un malaise ou de blessure plus importante à la suite de heurt avec la police.

Tous volontaires, ils sont titulaires au minima du PSC1 (brevet de secourisme) et sont de fait, à même de donner les gestes de premier secours. Le responsable du groupe, Thomas, nous explique « Nous sommes là pour préserver la santé des manifestants. Le problème avec ce genre d’évènement, c’est que les secours peinent à arriver à temps. Parfois, certain manifestants peuvent rester plusieurs heures avec des blessures ouvertes ». Les difficultés d’accès aux cortèges sont dues aux cordons de sécurité aux alentours de la manifestation.

Des « street médics » se reposent en marge de la manifestation. Crédit Photo, Louis Nam.

Dans l’enfer des gaz

Le top départ est lancé, le cortège avance. Les secouristes se séparent par petits groupes. Dispersés aux quatre coins de la manifestation, ils communiquent grâce à des talkie-walkie. Les affrontements débutent. Quelques poubelles brûlées, un ou deux fumigènes et très vite la tension augmente. Devant la place Sébastopol, un groupe de manifestants tente d’en découdre avec les forces de l’ordre, ils sont repoussés par des bombes lacrymogène. Les secouristes entrent en action, un manifestant s’est ouvert la jambe, un autre a les yeux atteints par les gaz. Ils sont rapidement pris en charge et éloignés de la zone d’affrontement. Le calme revient rapidement et les manifestants sont dispersés.

Bilan de la journée, plus d’une cinquantaine d’interventions pour les « Street médics ». Si l’après midi fut relativement calme, le début de soirée a laissé place à de nombreuses tensions. Souvent la cible d’interpellations musclées, notamment lors des manifestation gilets jaunes, les secouristes se voient régulièrement dépossédés de leurs matériels par les policiers. « Bientôt, le sérum physiologique sera considéré comme une arme », nous dit Thomas.

Après une journée de manifestation plutôt calme, les « Street médics » se disent prêts à poursuivre leurs actions si les manifestations venaient à se prolonger.

Louis NAM