Offrir un animal pour Noël, le cadeau à éviter absolument !

Plus que quelques jours avant Noël. Il est grand temps pour les retardataires de trouver un cadeau. Mais pas n’importe lequel : celui qui fera VRAIMENT plaisir. Pas question de décevoir cette année ! Objectif originalité en tête, nombreux sont ceux qui pensent à (ce qui semble être) l’idée de l’année : un animal de compagnie ! Alors idée de génie ou cadeau empoisonné ? Malgré la multiplication des campagnes de sensibilisation et la nouvelle législation durcissant la réglementation des ventes d’animaux, quels sont les résultats ? Noël arrivant à grands pas,  nous avons mené une petite enquête pour y répondre.

Une petite boule de poils en cadeau pour voir des étoiles briller dans les yeux des enfants, ou d’un proche qui souffre de solitude : c’est LA solution ! Ils trouveront au pied du sapin le cadeau de leurs rêves. 

Championne d’Europe de l’abandon

Le concept semble féérique. Néanmoins, il est important d’avoir quelques chiffres en tête. Si la France est incontestablement championne du monde de foot, elle est malheureusement aussi championne d’Europe, mais pour un titre bien plus lamentable : les abandons d’animaux. Pas moins de 100 000 personnes se débarrassent chaque année en France de leur fidèle compagnon.  Un chiffre en perpétuelle augmentation et qui fait froid dans le dos.Pourtant, le 1er janvier 2016, une loi a été promulguée concernant la vente d’animaux entre particuliers. En les obligeant à déclarer administrativement chaque animal né, ce texte a pour objectif de renforcer la législation et la surveillance de la vente de chiens et chats.

Une campagne de sensibilisation réalisée par l’association « 30 millions d’amis »

Dans une animalerie à Lille

En appelant anonymement une animalerie de Lille, nous avons voulu tester la politique d’adoption des enseignes commerciales. La première que nous contactons nous explique qu’elle ne propose plus de chiens ni de chats à la vente, juste des petits compagnons, type hamster et lapins. L’homme justifie cette explication par la montée de trafics d’animaux venant de pays de l’Est. Il ajoute qu’il faut « privilégier les refuges et les associations comme la LPA ».

Cependant, il ajoute qu’il reste quand même un commerce dans le Nord qui en vend encore. Nous décidons de contacter ce dernier, en nous faisant passer pour une mère qui souhaiterait acheter un chiot à sa fille pour Noël. Le vendeur se montre dissuasif et exprime sa réticence à vendre un animal qui serait un simple cadeau. Il nous met en garde : « votre fille ne s’en occupera pas, c’est comme un deuxième enfant, vous devrez faire toute son éducation ! ». Mais il nous suffit de quelques instants et très peu d’arguments pour le convaincre. Sans poser davantage de questions, il nous propose de passer dans l’après-midi pour choisir un chiot.

Malgré tout, des associations protectrices des animaux se mobilisent pour lutter contre ce fléau grandissant.

Qu’en est-il à la LPA ?

Nous décidons de comparer cette expérience avec la politique d’adoption à la LPA de Lille.Ici, les animaux abandonnés sont recueillis, soignés et on fait en sorte de leur trouver un foyer convenable.

Cependant, on ne profite pas de Noël pour se délester des animaux du refuge. Nous interrogeons Florie GEFFROY, responsable administrative du site de Lille. Elle nous explique «  Il n’y a pas de cadeau possible. Dans ce cas on refuse. Pour l’adoption, il faut absolument que la personne qui sera le propriétaire soit présente. Si non, il n’y a pas d’adoption. »

Nous lui demandons ensuite si elle pense qu’il existe un lien entre ‘la mode d’offrir un animal en cadeau de Noël’  et le taux record d’abandons en France, notamment en été. Elle répond que c’est certain : « Les commerces du corps animalier font des campagnes de communication, comme lors du salon du chien, juste avant Noël. Cela ça incite à la vente, et forcément après, en arrivant à la saison estivale ils sont abandonnés… Mais bon, il n’y a rien qui prouve que ce soient les cadeaux de Noël. » Quand nous la questionnons sur le travail de sensibilisation fait dans les animaleries, elle assure que c’est différent de celle du refuge : « Pour eux, il y a un chiffre d’affaires derrière. Peut être que certaines animaleries ont des principes, mais ça reste du commerce.»

un chaton en attente d’être adopté à la LPA de Lille

Réfléchir à deux fois

S’il paraît évident qu’il faut réfléchir à deux fois avant d’accueillir chez soi un nouvel arrivant, il est complexe pour les animaleries et refuges de déterminer le sérieux (ou non) des futurs propriétaires. Malgré des avancées législatives, il est  encore facile de duper les animaleries qui en commercialisent encore. Des individus négligeant peuvent allégrement se procurer un animal. En parallèle, la concurrence des trafiquants d’animaux est rude et déstabilise le marché français.

A la LPA, au contraire, il y a un vrai suivi pour s’assurer du sérieux de la famille d’accueil. Pas question pour la Ligue de retrouver ensuite l’animal fraîchement adopté à Noël sur une aire d’autoroute dès le début de l’été suivant !

Alice Gadenne