Noël chez un artisan traiteur : « Deux semaines de travail, deux mois de chiffre d'affaires »

A chaque fête de fin d’années, on se demande tous quel repas on va bien pouvoir préparer afin de satisfaire nos hôtes…Entre saumon fumé, foie gras, dinde, on a voulu se mettre à la place des commerçants. Comment vivent-ils cette période de l’année considérée comme la plus mouvementée ?

Photo : Manina Hatzimichali (pinterest.fr/marmiton.org)

Choisir son repas de Noël ou de Nouvel An est un stress pour bon nombre de Français. Trouver la dinde, des idées originales et faire des choses différentes afin de passer un réveillon mémorable, telles sont nos inquiétudes avant de faire face à cette période festive. Cependant, il est intéressant de se mettre dans la peau des hommes derrière la vitrine. Que se passe-t-il pour les bouchers charcutiers qui voient affluer une foule impressionnante de commandes au fil du mois ? Réponse avec un ancien charcutier-traiteur.

Les fêtes de fin d’année, la période déterminante de la saison

Rémy Kicka, ancien charcutier-traiteur dans le Pas-de-Calais nous livre son témoignage : « En l’espace de deux semaines, on travaille pour deux mois. La période des fêtes est déterminante pour les boucheries charcuteries. » La période des fêtes de fin d’année sont les moments forts de l’année pour ces commerces, c’est à ce moment que tous les employés doivent être sur le qui-vive. Il est en effet important de préciser qu’une bonne partie du chiffre d’affaires se fait à cette période. « Il y a déjà eu des 23 décembre où j’arrivais à six heures du matin, je finissais à trois heures du matin pour reprendre directement trois heures plus tard. Je dormais seulement trois heures. » Une période insoutenable et stressante pour tous ces traiteurs. L’erreur n’est pas permise. « On se doit de faire aussi attention à une clientèle qui est de plus en plus exigeante et de moins en moins patiente. »

Une clientèle de plus en plus exigeante

Innover, proposer des choses nouvelles… le credo du boucher-charcutier afin de réussir pleinement ses fêtes de fin d’année. Dans le cas contraire, il peut s’exposer au mécontentement des clients : « Il est essentiel de proposer de nouvelles choses. De nouvelles créations. Il faut tout simplement se démarquer de la concurrence. Si on propose la même chose qu’au mois de mars, les gens iront voir ailleurs. » nous précise Rémy. La clientèle est aussi le point culminant, et elle se montre de plus en pressante : « Certains clients nous envoyaient des commandes au dernier moment. De plus, une partie voulait leurs produits pour le 25 décembre même afin que tout soit frais. Ce qui est inutile sachant qu’on prépare tout cela bien avant. Ce n’était pas le cas dans la boucherie-charcuterie dans laquelle je travaillais car on n’ouvrait pas les jours mêmes. » Une période que Rémy ne regrette pas, lui-même prépare ses réveillons maintenant en toute sérénité : « Pour moi, il est évident que maintenant cette période est beaucoup plus tranquille. Je peux tranquillement profiter en famille. J’ai déjà mes idées de repas. Mon saumon fumé et mon foie gras sont déjà prêts. » On lui souhaite en tout cas deux bons réveillons.

Nathan Bricout