Noël sur le qui-vive chez les soldats du feu

Caserne Ferry secteur Est amiénois. Crédit, Louis Nam

Si dans de nombreux foyers français, l’ambiance est à la fête en cette fin d’année, chez les sapeurs-pompiers d’Amiens, l’heure est au travail. Avec pas moins de 4500 interventions par an, la caserne Amiens Ferry est sur le point d’entamer une période chargée. Avec une augmentation significative du nombre d’interventions en cette fin d’année, les soldats du feu sont sur le qui-vive.

8 heures du matin, « voici que leur garde commence », pendant 24 heures (12 heures pour d’autres), 15 sapeurs-pompiers tiendront la caserne Ferry (rénovée en septembre 2019) et porteront aide et assistance aux Amiénois. Une journée « normale » se découpe entre vérification du matériel, manœuvre, séance de sport… Mais lors des fêtes, les journées sont placées sous le signe de la réactivité, aucun exercice ou manœuvre ne sont prévus. En effet, si le nombre d’intervention lors de l’année est important, il augmente de façon considérable lors des fêtes. Le temps de réactivité pour un départ en intervention est de trois minutes.

Pendant que certains effectuent des exercices à l’échelle ou s’entraînent dans la salle de sport, un adjudant-chef et un caporal tiennent place dans le standard où sont dirigés tous les appels concernant le secteur Est d’Amiens. Même si le téléphone reste silencieux, les deux hommes restent à l’affût. Du malaise à l’incendie de maison, cela revient au même, secourir c’est leur métier. La routine peut aller se faire voir.

Pour Noël, ils ne seront pas auprès de leurs proches mais ils seront tout de même en « famille ». Une ambiance conviviale et fraternelle, voilà ce qui résonne dans les murs de la caserne. Pendant un instant, on pourrait même oublier qu’ils travaillent. Mais ça n’est qu’une impression, la concentration est maximale. Travailler durant Noël, ils ne l’ont pas choisi, c’est une obligation, un devoir. Alors, pour pallier la nostalgie de leurs foyers, repas de Noël et décorations sont de mise.

20 heures, la garde de nuit débute, certains sapeurs-pompiers partent et sont relevés, tandis que d’autre resteront jusqu’à l’aube. Dans la cuisine, la poêle et les casseroles crépitent, l’odeur de la nourriture semble apaiser les plus grognons. Pour une fois, ils mangeront ensemble. Les chaussons sont de rigueur pour soulager les pieds d’une journée en rangers. De l’éducation des enfants à la blague lourde, les sujets ne manquent pas, l’ambiance est au beau fixe. Au fond de la salle à manger, dans l’aquarium, les deux poissons de la caserne les regardent, l’air rieur.

La nuit sera agitée. Les gyrophares bleus scinderont l’obscurité en de nombreuses occasions, venant en aide à la « misère sociale ». Pas de repos pour les guerriers.

8 heures, « et maintenant leur tour de garde est terminé », ils repartent chez eux, éreintés mais satisfaits du travail accompli. Pendant que les 15 valeureux quittent le fort, 15 nouveaux soldats du feu débarquent fraîchement : « et voici que leur garde commence ».

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