Dans les Hauts-de-France, ils s’opposent à la chasse à courre

La vénerie est une pratique qui ne laisse personne indifférent, qu’elle passionne ou qu’elle révolte. Dans l’Oise, les militants d’Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA) se réunissent chaque semaine, dans différentes forêts, pour s’opposer à la traque du gibier. 

Chaque samedi en période de chasse, la forêt de Compiègne devient le théâtre d’un face à face tendu: celui qui voit s’opposer veneurs et militants anti-chasse. Ces derniers se dressent contre les pratiques des premiers, qu’ils jugent barbares. L’equipage de veneurs est ainsi traqué par les militants, pendant que lui même est occupé à traquer le cerf.

« On leur montre aussi que même s’ils font un chèque pour avoir l’autorisation de chasser, la forêt n’est pas à eux », explique un activiste du collectif. Lui et plusieurs des militants sont munis de caméras go-pro, afin de capturer les images de ce qu’ils considèrent comme des abus de la part des chasseurs. 

La société de vénerie se défend

Mais les veneurs ne sont pas prêts à se laisser faire par les militants. Pour contrer ses détracteurs, la société de vénerie s’est très vite organisée. Lors de chaque chasse, des dizaines de sympathisants en gilets jaunes viennent garder un oeil sur eux. « On fait attention à ce qu’ils ne fassent pas sentir de citronnelle aux chiens pour brouiller leur odorat, ou qu’ils ne les nourrissent pas car c’est mauvais lorsqu’ils sont en plein effort », explique un veneur à pied.

Les échanges sont souvent tendus entre « pro » et « anti ». Surtout lorsque la meute de chiens parvient à capturer un cerf. Le reste du temps, on peut étonnamment assister à des discussions relativement cordiales entre ces personnes aux idéaux radicalement opposés.

« Les gendarmes sont de leur côté »

Depuis que les membres d’AVA ont investi la forêt de Compiègne, les parties de chasse sont toujours encadrées par des gendarmes, afin d’éviter d’éventuelles altercations. 

Lou, qui a rejoint AVA depuis plus d’un an, dénonce ce qu’il perçoit comme une connivence entre chasseurs et forces de l’ordre. « L’association existe depuis deux ans seulement, alors que les chasseurs viennent depuis longtemps. Ils connaissent bien les gendarmes donc je pense qu’il y a du favoritisme. Ils sont clairement de leur côté », souffle-t-il. Mais les militants ne se laissent pas abattre pour autant. Les membres organisent d’ailleurs régulièrement des rassemblements pour réaffirmer leur engagement et leur volonté d’abolir la chasse à courre. Ils étaient notamment présent à Vieux-Moulin le 2 novembre, à l’occasion de la Saint-Hubert, traditionnellement célébrée par les veneurs. Et lorsqu’arrive la fin de la saison de la vénerie, le 31 mars, ils se rejoignent pour un au revoir – temporaire – à cette pratique qu’ils abhorrent. 

Rachel Cotte