Russie : ça bouge au sommet de l'Etat !

L’annonce de la démission du gouvernement russe par le Premier ministre Dmitri Medvedev ouvre une période d’incertitude inattendue alors que Vladimir Poutine vient de proposer une nouvelle réforme constitutionnelle.

Un duo au pouvoir qui prend fin. Ce mercredi 15 janvier, Dmitri Medvedev a présenté au président Vladimir Poutine la démission de son gouvernement (immédiatement acceptée), actant 12 années de partage du pouvoir en continu par les deux hommes. Medvedev, président de la Fédération de Russie entre 2008 et 2012, avait alors désigné son collaborateur comme chef du gouvernement, manoeuvre sensée contourner un troisième mandat consécutif de Poutine (réélu en 2004) contraire à la Constitution. Une Constitution sur le point d’être réformée, conformément aux déclarations la veille de l’actuel chef du Kremlin.

Vers une suppression de la limite du mandat présidentiel ?

C’est en ce sens que Medvedev a justifié son annonce : « Nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela […] que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission ».

Dans son discours annuel tenu mardi devant les membres du Parlement, Vladimir Poutine a proposé un référendum portant notamment sur la formation du gouvernement. A l’heure actuelle, les députés de la Douma (chambre basse du Parlement) ne font que confirmer la nomination du Premier ministre russe, choisi par le président, un mécanisme que la réforme souhaite inverser. Pas de quoi amener la Russie vers un régime moins présidentiel, comme l’a également affirmé « VVP* » : « La Russie doit rester une république présidentielle forte, c’est pourquoi le président, bien sûr, gardera le droit de fixer les missions et les priorités du gouvernement ». Alors que le chef de l’Etat n’a jusqu’alors aucun droit de se représenter en 2024, il a toutefois informé dans son allocution que l’article portant sur la limitation des mandats serait modifié. A l’instar de son homologue chinois Xi Jinping, Vladimir Poutine poursuivra-t-il sa mission au-delà de sa durée originelle ? C’est dans cette question que réside l’ambiguïté de son intervention…

* Vladimir Vladimirovitch Poutine

                                                                 Oscar LIPPERT