Réforme des retraites : la grève des avocats reconduite jusqu’au 20 janvier

L’épitoge et le rabat ne sont plus les seuls accessoires du bleu de travail des avocats lillois. Depuis le début du mois de janvier, s’ajoute un badge estampillé « En grève ». En colère, les avocats sont mobilisés contre la réforme des retraites pour garantir l’accès de tous au droit et à la justice. 

Une chaîne humaine autour du palais de justice, des robes noires jetées au sol, un lâcher de ballons gonflés de revendications. Les gestes sont symboliques et la colère bien réelle. Les avocats de Lille sont mobilisés, depuis le début du mois de janvier contre la réforme des retraites. « Les avocats de Lille et de toute la France font grève contre la réforme des retraites, qui va augmenter le poids des cotisations sociales payées par les avocats, mais baisser les pensions de retraite. ça pose un vrai problème d’équilibre économique pour les avocats qui ne pourront plus demain assurer la défense des plus démunis« , explique non sans inquiétude Florian Borg, secrétaire général de l’association des avocats démocrates européens. 

Les avocats craignent de ne plus pouvoir garantir l’accès de tous au droit et à la justice sur l’ensemble du territoire. « Je ne pense pas pouvoir me permettre de défendre des personnes à l’aide juridictionnelle, déplore Maître Nassima Badaoui-Arib, avocate depuis 15 ans au barreau de Lille, Mon cabinet est à Roubaix où il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas les moyens de payer les honoraires. Il est évident que, soit je vais déménager mon cabinet dans un endroit où des personnes peuvent payer, soit je devrais dire à mes clients que s’ils veulent que je les défende, il faudra qu’ils paient des honoraires plus élevés« .

La grève est reconduite jusqu’au 20 janvier malgré la proposition de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet de conserver une caisse propre à leur profession. Les avocats s’opposent à l’intégration au régime universel. Les demandes de renvois devraient alors se poursuivre dans les salles d’audience, perturbant le fonctionnement des juridictions. « Sans avocat, il n’y a pas de droit« , lance Maître Nassima Badoui-Arib qui compte garder le badge « En grève » sur sa robe noire aussi longtemps qu’il le faudra. 

Océane Pirez