Réforme des retraites : les professionnels de santé toujours mobilisés

Qu’ils évoluent dans le secteur privé ou public, les soignants craignent les conséquences de la réforme. A leur rejet de ce futur régime, se mêle de l’inquiétude quant à l’accès au soin pour tous.

 

« On se pose des questions. On se demande : pourquoi vouloir modifier un système qui fonctionne, qui ne coûte rien à l’Etat et lui rapporte même de l’argent? » lance Juliette Greszak, orthophoniste dans le privé. Cette dernière est vivement opposée à la future réforme des retraites, qui va considérablement pénaliser sa profession.

« Pour nous, la réforme va mener à un doublement du taux de cotisation. Actuellement, nous sommes à 14%. Là, on passerait à 28%« , explique-t-elle. 

Comment cette hausse va-t-elle se traduire, concrètement? « Quand il y a 100 euros qui rentrent dans mon cabinet d’acte, j’ai 50% de charges. Donc dans ma poche, j’ai 50 euros. Si la réforme passe, pour 100 euros qui rentreront, je n’aurais plus que 36 euros dans ma poche», détaille Juliette Greszak. 

Ce qui inquiète également cette professionnelle de santé, c’est que ces changements risquent de mener à la fermeture d’un nombre important de cabinets. 

« Je souhaite défendre mon régime de retraite, celui de ma profession, mais aussi l’accès aux soins pour tous les patients »

Au coeur des préoccupations des soignants, on retrouve surtout la problématique de l’accès à la santé pour l’ensemble de la population. « Les soins que je pratique ne sont pas des soins de confort. Ils sont nécessaires. Ils doivent rester accessibles à tous« , déclare Juliette.

« Je souhaite défendre mon régime de retraite, celui de ma profession, mais aussi l’accès aux soins pour tous les patients », affirme quant à elle Florence Massouille, également orthophoniste.

Même son de cloche pour Felicien Crepin, ancien aide soignant, aujourd’hui membre du syndicat Force ouvrière. « Il y a une perte de qualité des soins et une perte d’effectifs à l’hôpital public. On observe une désertification de celui-ci, alors que la qualité des soins dans le public est essentielle et primordiale », déplore-t-il.

La crise de l’hôpital public inquiète 

En effet, le nombre de soignants quittant le public au profit du privé s’accroit en France. Le phénomène s’explique facilement: la charge de travail est de plus en plus lourde pour le personnel hospitalier, avec à la clé des salaires moins attractifs que dans le privé.

Afin d’alerter de cette situation et ré affirmer leur rejet de la réforme, les professionnels de santé se rassembleront le 3 février prochain à Lille.

 

Rachel Cotte