« En roue libre » : un esprit décalé pour des vélos vintages et responsables

C’est dans le repère d’artiste Métalunair que deux jeunes ingénieurs passionnés de cyclisme, Thomas Vincent et Clément Blondin, restaurent des vieux vélos aux couleurs vintages. Tout commence lors de la fameuse braderie de Lille. Thomas, fan de brocante, achète son premier vélo un peu vieilli et décide de lui donner une seconde vie. Un an et demi et deux cents vélos plus tard, ils sont « En roue libre ».

Les deux copains se sont rencontrés en école d’ingénieur à Lille et ont de suite partagé leur passion commune. De sortie vélo en brocante, ils ont commencé à remonter et arranger des vélos. « C’est parti sur un délire et puis ça a pris de l’ampleur, les gens ont apprécié ce qu’on faisait », voilà comment Thomas pourrait retracer en quelques mots l’histoire d’ « En roue libre ».

Vient alors l’idée du nom : un clin d’œil à la roue libre, pièce mécanique du vélo, mais surtout un rappel de l’expression « En roue libre » qui souligne l’esprit un peu décalé de ces « ingés les mains tout le temps pleines de graisse ».

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Crédit: Manon Serenne

Très vite, la chambre étudiante de Thomas devient trop petite et les deux compères trouvent un premier atelier. Aujourd’hui, ils en sont à leur deuxième et semblent avoir trouvé la place idéale dans un hangar atypique pour artistes qui colle particulièrement bien à l’esprit d’ « En roue libre ».
Ils s’y rendent régulièrement, le soir mais surtout le week-end. Dès que Thomas sort du bureau d’études dans lequel il travaille à Tourcoing, il laisse rapidement ses habits d’ingénieur pour venir se noircir les mains de cambouis sur les vélos d’ « En roue libre ».

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Crédit: Manon Serenne

Pourtant, il reste fidèle à sa passion et explique bien qu’il ne veut pas en faire son métier : « Je veux garder ça comme une passion pour ne pas avoir de contrainte ». Aujourd’hui, « je bosse comme je l’entends ». C’est pourquoi l’atelier ne fait pas de commandes. Hormis quelques exceptions pour certaines personnes souhaitant une restauration sur des « vélos de cœur », « En roue libre » fonctionne à son rythme et non à celui des acheteurs. C’est en réalité parce qu’il n’y a derrière le projet, aucune intention lucrative. Les vélos sont vendus aux alentours de 100€ sans grande marge pour « En roue libre », uniquement de quoi pouvoir acheter de nouvelles pièces de récupération.

Une démarche écolo ?

« En roue libre » s’est construit sur deux principales idées. Tout d’abord, celle de pallier le manque de transports en commun, surtout dans le Vieux-Lille : « Les transports en commun ne sont pas encore assez développés » constate Thomas. Lassé de la voiture, des bouchons, des vitres cassées et des nombreux sens uniques qui compliquent la circulation lilloise, il choisit le vélo. Thomas se découvre alors, une véritable passion. Rapidement, il se rend compte que son utilisation est ce qu’il y a de plus pratique en ville : « C’est le moyen de locomotion le plus rapide et facile».

Une démarche de promouvoir « la mobilité douce » donc, mais pas seulement. Derrière « En roue libre » se cache aussi une certaine conscience écoresponsable. Thomas explique : pourquoi produire de nouveaux vélos alors que la récupération permet de « remettre des consommables à neuf » ? Inutile de fabriquer à nouveau si la matière existe déjà.
Ce goût du recyclage, les deux ingénieurs l’ont aussi appliqué à l’aménagement de leur atelier. Ainsi, tout ce qui s’y trouve provient de récupération. Pour les vélos comme pour l’atelier, les dons sont faibles, il s’agit principalement d’achats faits en brocante et vide-greniers.

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Crédit: Manon Serenne

Le coup de pouce des réseaux

À leur grande surprise, tout le développement d’ « En roue libre » s’est fait grâce au bouche à oreilles mais surtout grâce au réseau social Instagram. Thomas s’avoue surpris de voir comment un seul compte sur un réseau dédié à la photo peut apporter une telle visibilité : « Toutes nos ventes se font par Instagram, on a réussi à sortir 200 vélos grâce à ça ».
Cette visibilité touche aussi les marques puisque c’est avec l’enseigne de prêt-à-porter pour hommes Jules qu’ « En roue libre » prépare sa première collaboration. Derrière le projet, se trouve une réelle démarche de sensibilisation au zéro déchet et au recyclage. Suite à ce partenariat, ce sont les demandes de vélos vintages et responsables qui risquent de s’envoler mais Thomas l’assure, « je veux que ça reste une passion ».

Des vélos vintages, écoresponsables et uniques, voilà comment qualifier les vélos d’ « En roue libre ». Un esprit un peu décalé qui prend du recul avec les modes de consommation actuels. Des vélos qui poussent également à réfléchir sur la manière de se déplacer en ville. À une époque où les Français se sensibilisent de plus au plus à ses problématiques, le pari d’ « En roue libre » semble gagné. Mais avant tout, cela reste l’histoire de deux fous du guidon, deux amoureux du vélo.

Manon Serenne

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