Kopskam : et si on boycottait les soldes ?

Mercredi 8 janvier signait le retour des soldes. Après le Black Friday fin novembre et des ventes privées fin décembre (sorte de soldes réservées aux clients disposant de la carte du magasin), cet événement incontournable de l’année à retrouver en janvier et en juin ne fait plus autant rêver, explications.

S’il est désormais commun aujourd’hui de voir afficher des prix réduits tout au long de l’année, les soldes restent un cas particulier, soumis au code du commerce. En effet ils ont pour but de faire écouler d’anciens stocks aux marques, quitte à vendre à pertes et n’ont le droit de s’appeler « soldes » que deux fois par an, sinon, ce sont des promotions. 

Mais cet encadrement strict a également donné lieu à l’utilisation de techniques frauduleuses comme l’affichage d’un prix soldé correspondant au prix initial du produit par exemple, rendant les consommateurs de plus en plus méfiants.

Mais ce n’est pas tout, en plus de la question économique, les clients remettent de plus en plus en cause l’impact de l’industrie textile sur l’environnement, et les soldes jouent également un rôle. 

Avec des prix attractifs, elles appellent à la surconsommation et si l’on a l’impression de faire une bonne action en « sauvant » un vêtement en l’acquérant en période de soldes, et bien c’est tout faux car la plupart des marques prévoient des commandes de stocks plus conséquentes en prévision des soldes.

Alors face à la deuxième industrie la plus polluante au monde, un nouveau mouvement apparaît : le kopskam.

Tout droit venu de Suède, ce concept résulte en la honte d’acheter et plus particulièrement des vêtements. 

Fruit d’une véritable réflexion éthique et écologique, ce mouvement prend racine dans une société éduquée où l’on a conscience de l’impact de l’industrie de la mode sur la santé et l’environnement mais aussi de toutes les mauvaises pratiques qui l’entourent comme le travail des enfants ou les conditions de travail déplorables des employés.

Il y a quelques mois, les habitants du pays d’H&M avaient déjà créé la polémique autour de la honte avec l’apparition du mot « flygskam », soit la honte de prendre l’avion en raison de l’empreinte écologique non négligeable de ce moyen de transport.

Si dans les pays nordiques on fait donc le choix de s’éloigner le plus possible des promotions en tous genres pour ne pas encourager la production, en France, le discours apporte quelques nuances. Il n’est pas question de faire une croix sur les soldes, qui plus est compte tenu de la période des fêtes assez compliquée car marquée par la grève. 

Les commerçants ont plus que jamais besoin de vider leurs stocks, quitte à solder plus que prévu. 

Et côté consommateur, on fait les soldes, mais de façon réfléchie. En effet, on privilégie de plus en plus la seconde main à la fast fashion (le marché de la seconde main n’a jamais autant eu la côte qu’en 2019), on profite des soldes pour acheter auprès de petits créateurs ou de marques éthiques, si l’on ne peut pas se le permettre tout au long de l’année mais aussi, on donne une seconde vie à ses vêtements, même ceux de fast fashion !

Océane Blin