Brexit : "bad news" pour les commerces lillois ?

Après trois longues années de négociations, le Royaume-Uni a fini par quitter officiellement l’Union européenne, vendredi 31 janvier à minuit. Cet éloignement institutionnel de nos voisins aura-t-il des conséquences sur les commerces lillois ?

Le Brexit, une menace pour les boutiques de la capitale des Flandres ?

Si le Royaume-Uni souhaitait divorcer de l’Union européenne, c’était notamment pour des raisons économiques ; mais sa sortie va forcément compliquer les échanges commerciaux, avec ou sans accord entre les deux parties.
Le Royaume-Uni fait partie du marché unique (jusqu’au 31 janvier 2020), c’est-à-dire que la libre circulation des biens, services, capitaux et marchandises s’y applique ; mais pas de l’espace Schengen, qui supprime les contrôles aux frontières. Sans nouvel accord pour remplacer ceux du marché unique, l’importation de biens britanniques pourrait se compliquer : taxes douanières, contrôles frontaliers, quotas, concurrence internationale, produits incompatibles aux normes sanitaires ou environnementales européennes …

Des prix qui grimpent à Lille ?

Des complications qui pourraient être répercutées sur les prix des produits en France, voire sur leur présence. Particulièrement à Lille, où réside une importante communauté anglaise et où les produits britanniques sont appréciés, les commerçants doivent se tenir prêts à faire face à des complications.  

« À quel niveau on doit s’inquiéter, c’est la grande question », observe le vendeur d’une boutique de produits irlandais à Lille, qui attend des informations du siège de l’enseigne. Tant qu’aucun accord n’est signé entre le Royaume-Uni et la France, aucune décision ne peut être prise.

« Je pense qu’il y aura forcément une augmentation des prix, peut-être que certains produits vont être plus difficiles à trouver. »

« Tout dépend des produits, et tout dépend aussi de l’augmentation des prix. On verra plus un impact sur la clientèle, mais sachant qu’il n’y a pas énormément de boutiques qui proposent nos produits, les gens n’auront pas vraiment le choix ».
Un flou concernant les accords commerciaux qui semble en préoccuper plus d’un : certaines chaînes populaires pour leurs produits britanniques ont catégoriquement refusé de nous répondre.


Approuvé en 2016 par 72 % des britanniques, le Brexit a officiellement eu lieu le 31 janvier 2020.

Dans tous les cas, même si des accords sont signés, rien ne sera plus comme avant : certaines entreprises devront recruter du personnel dédié aux problèmes soulevés par la complication des échanges, plus de formalités administratives sont attendues …

« Les difficultés seront plus grandes côté britannique »

Heureusement pour l’Hexagone, la sortie de nos voisins d’outre-Manche du marché unique ne devrait pas être catastrophique, loin de là. Mais les Britanniques ont du souci à se faire.
« Il y a le risque de pénuries de compétences [au Royaume-Uni] si les frontières se ferment à la main d’œuvre étrangère », affirme Yann Pitollet, directeur général de Nord France Invest, agence de promotion économique de la région Hauts-de-France. « Il y a les risques de retards logistiques pour les entreprises en flux tendus, et la difficulté à sécuriser les livraisons au-delà des frontières. Si on s’oriente vers un hard brexit, la crainte des industriels britanniques est de ne plus avoir de produits aux normes européennes, avec la contrainte de revoir les process ».

« Et il y a bien sûr la question douanière, qui inquiète de toute façon de part et d’autre de la Manche. »

« Mais incontestablement, les difficultés seront plus grandes côté britannique ». Le Royaume-Uni était en effet le troisième client des exportations des Hauts-de-France, en 2018, à hauteur de plus de 4,4 milliards d’euros, selon la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) de la région.

En bref, un brouillard commercial qui devrait prendre un an à se lever, le délai pour la construction d’accords franco-britanniques avant la sortie réellement effective de la Grande-Bretagne et de l’Irlande du Nord de l’espace de libre échange, le 31 décembre 2020.

Clémentine Laurent

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