Margot Winch, de Lille au Marrakech du Rire

Âgée de 31 ans, la lilloise Margot Winch est une étoile montante de l’humour. Après avoir remporté le prix LCL du stand up et présenté son premier spectacle « Le sens de l’humour » lors de premières parties, elle était de retour avec son nouveau spectacle « Soliloque public » jeudi au Spotlight à 21h30. Rencontre.

Presse 360 : Vous étiez assistante de direction à la SNCF. Pourquoi avoir tout quitté pour l’humour ? 

J’ai fait ma première scène en 2014 plus précisément dans un café-théâtre de Paris. L’année suivante, j’ai joué dans quelques festivals où j’ai été repérée par quelques humoristes. J’ai arrêté de bosser, je me suis dit « allez je me lance ». Travailler dans un job lambda me rendait malheureuse. Et depuis j’ai pas mal enchainé. J’ai fait plusieurs tremplins, au Québec, au Marrakech du Rire et j’ai créé mon réseau. Puis mon tout premier spectacle « Le sens de l’humour » est arrivé. Je l’ai joué dans les premières parties d’Anne Roumanoff, JeanFi Janssens, La Bajon, Elisabeth Buffet ou encore Shirley Souagnon. Shirley, je l’ai rencontrée dans un bar, on a discuté et le lendemain j’ai reçu un message dans lequel elle m’a demandé de faire sa première partie. 

Après « Le sens de l’humour » qui a très bien marché, vous êtes de retour avec le deuxième spectacle qui s’intitule « Le Soliloque public »…

Exactement, je jouerai ce soir (jeudi 12: NDLR) au Spotlight à 21h30. Désormais je fais du stand up. J’ai gardé certains thèmes que j’abordais dans le premier spectacle. Je faisais beaucoup de jeux de mots mais je m’engage plus dans le deuxième, c’est-à-dire je prends position sur certaines choses tout en restant sur le ton de l’humour. J’aime beaucoup quand il y a du fond, il s’agit de rire intelligemment. « Soliloque public »  parle de faire-parts de naissance, de l’opinion politique que je n’ai pas, des enfants que je n’aurai jamais, de l’écologie, des pré-pubères… 

Il est inspiré de votre vie personnelle ? 

Ma vie influence. J’écris pour moi sur plusieurs sujets où j’ai un point de vue. Écrire sous la contrainte je dis non. J’écris chroniques rubriques humoristiques qui s’intitule « L’objet du délire »  pour un magazine gay, qui est distribué à Paris. Je fais tout ça pour être lue. J’aime lire, boire du vin (de Bourgogne), écrire beaucoup ! Je chante. Je danse… Je fais plein de trucs avec mon corps ! Rires. J’ai besoin de bouger, c’est pourquoi je fais souvent des scènes ouvertes. 

Peut-on rire de tout aujourd’hui ? 

Dans la sphère privée, oui… quand on connaît les gens. Mais dans le public, ça peut nous coûter cher, il faut prendre un bon avocat. C’est dans l’intention. Si t’as rien contre les homos et que tu fais une blague sur les homos, ça va se ressentir et faire rire. Et si c’est le contraire, ce sera un malaise.

Avez-vous un conseil pour un jeune débutant ? 

Accroche-toi ! C’est long et dur. L’art du stand-up ramène à faire de l’argent pour les producteurs. Heureusement, il reste de vrais artistes. On est funambule, on marche sur un fil. 

Propos recueillis pas Thibaud Duquenne