Coronavirus à Lille : vrai danger ou emballement médiatique ?

En Chine, le nouveau coronavirus, récemment renommé Covid-19 ne cesse de gagner du terrain. Alors que la barre des 1000 décès a été franchie, le bilan de cette épidémie dépasse celui du SRAS, avec qui elle partage tout de même 80% de similitudes sur le plan génétique. C’est l’information incontournable du moment. Impossible d’y échapper. Mais les Lillois, submergés par une vague d’articles sur ce virus, se sentent-ils concernés par un sujet si lointain ? Nous sommes allés mener l’enquête.

En France, plusieurs cas ont été récencés. A Lille, 4 étudiantes en pharmacie de l’Université de Lille, qui effectuaient un stage à Wuhan, ont été rapatriées. De quoi inquiéter les plus alarmistes. Pourtant, aucun masque en vue dans les rues de la capitale des Flandres. Nous interrogeons quelques passants pour jauger le niveau d’inquiétude. La plupart des interrogés ne se sentent pas concernés par le virus chinois, mais davantage par la grippe saisonnière qui « tue chaque année plus de monde que le coronavirus en France ». La majorité des Lillois semblent relativiser la situation : « Nous sommes en 2020. Si jamais il y avait un gros problème, je pense qu’ils [les pouvoirs publics] sauraient prendre les mesures nécessaires ». La confiance envers les mesures sanitaires prises par le gouvernement semble solide.  Une information contraire à celle relayée par les médias, qui décrivent un climat anxiogène. Le dr Henry, médecin généraliste, confirme: « il n’est pas nécessaire de porter un masque à Lille » mais nuance « il faut se méfier, le coronavirus est très dangereux ».

Dr Marc HENRY, médecin généraliste au CPSU de Lille

Pourtant le SAMU de Lille avait comptabilisé plus de 350 appels suite à l’annonce des 3 cas de coronavirus en France. Nous interrogeons donc Henry Clayes, pharmacien à Lille. Dès le début de la médiatisation du virus, il a anticipé la demande, en commandant un stock préventif de masques. « Vu le climat ambiant, il y a une hausse de demande de masques, forcément, mais c’est surtout pour les gens qui partent là-bas ou pour ceux qui souhaitent en envoyer ».

Henry CLAYES, pharmacien à Lille

En effet, face à l’épidémie de pneumonie virale, la Chine fait face à une grave pénurie de masques de protection. Exceptionnellement (ce n’est pas arrivé depuis 2008) la Chine reconnaît son incapacité à faire face à une crise intérieure. Le gouvernement chinois a annoncé en début de semaine avoir un besoin urgent de masques.

Ce vendredi 7 février, l’OMS a tiré la sonnette d’alarme. Pour pallier ce problème de santé publique, de grandes compagnies se reconvertissent dans la production de masques. C’est notamment le cas de la firme Fox Conn, qui produit habituellement les matériaux de l’IPhone, ou encore de General Motors, un géant de l’automobile.

Avec 1 355 décès et près de 60 000 contaminés, le virus continue de se répandre comme une trainée de poudre dans le pays et à échelle mondiale. Mais pas de quoi déstabiliser les Nordistes. Certains Lillois prennent du recul. Il semblerait qu’ils y voient comme un emballement médiatique…

Alice GADENNE