Les terrasses chauffées : une pratique bientôt obsolète ?

En décembre 2019, Rennes était la première ville à interdire purement et simplement les chauffages en terrasse. L’idée reconnaît une problématique : l’urgence climatique. Rennes est la première ville à se poser cette question importante. Et la ville de Lille, est-elle prête à suivre le mouvement ?

Alexis travaille pour la brasserie Vivat Factory. Il pense qu’il est temps de se mettre à jour : « Je suis totalement pour arrêter le chauffage, les chaufferettes on appelle ça. En soit l’intérêt est vraiment minime. C’est plus psychologique qu’autre chose, un plaid c’est largement suffisant. »

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Terrasse de la brasserie Vivat Factory en été

Il affirme qu’il peut faire sans. Pour lui, les bars et restaurants ne sont pas tributaires des terrasses chauffées. Il se sait pourtant chanceux, avec un système qui lui permet d’allumer une partie de seulement des chauffages de sa terrasse. Cela ne l’empêche pas d’être pour l’interdiction de cette pratique.

« Je suis totalement pour, de toutes façons ça sera forcément interdit à Lille aussi, un jour. Rennes c’est le début, ça sera Paris, et après le reste suivra, c’est une certitude. »

Alexis ajoute qu’il est confiant pour ce qui est du chiffre d’affaire. Au-delà de l’impact environnemental, faire tourner les chauffages de terrasse coûte cher. S’il perd en chiffre d’affaire, il se rattrapera donc au niveau des factures. Selon lui, la balance des deux sera suffisante.

Quid des clients ?

Lorsqu’on lui demande si arrêter le chauffage en terrasse sera mal accueilli par les clients, Alexis semble sûr de lui.

« Sincèrement, non. Les chauffages sont visibles, alors les clients en veulent. Mais s’il n’y en avait pas, ils viendraient quand même. S’il fait un peu froid, comme souvent à Lille, on sortirait les plaids, ce n’est pas un problème. »

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Terrasse du Vivat Factory en hiver, chauffée

D’après Jacques Richir, adjoint à l’occupation commerciale du domaine public, une trentaine de terrasses sur 800 sont chauffées à Lille. La prochaine commission des emprises commerciales du domaine public traitera cette question. Le but ne serait pour l’instant pas d’interdire mais d’encourager les commerçant à abandonner cette pratique d’eux-mêmes.

Ce qui a été fait pour Rennes est-il possible pour Lille ? L’initiative de la ville prend origine dans un contexte de crise climatique reconnue par la communauté scientifique. Si l’idée soulève la colère de certains commerçants, ses fondements sont bien réels et méritent d’être étudiés. Il faudra encore un peu de patience avant de voir les terrasses chauffées interdites.

Arthur Marotine