Ligue des champions : Dortmund-PSG (2-1) : Et Paris a encore déçu…

Dominés, battus dans l’envie, les Parisiens se sont logiquement inclinés 2-1 au Signal Iduna Park dans une prestation terne pour ne pas dire décevante. Il faudra montrer beaucoup mieux le 11 mars au Parc des Princes pour espérer rallier les quarts de finale de la Ligue des champions.

A l’image de Kylian Mbappé, c’est le PSG en général qui a déçu à Dortmund (crédit photo : Arnaud Journois, Le Parisien)

On attendait beaucoup du PSG sur ce match comme souvent en Ligue des champions. Et, une nouvelle fois les Parisiens ont déçu. Avant cette partie, on entendait que le match allait être un festival de buts. Que la défense du Borussia, jugée trop lente, allait subir les assauts du trio d’attaque Neymar-Mbappé-Di Maria. Pourtant, le duo allemand composé de Jadon Sancho et d’Erling Braut Haaland aura fait tourner les têtes parisiennes. Finalement, il n’y en a eu « que » trois. Et ce que l’on peut dire, c’est que le PSG s’en sort bien, très bien même…

Une première mi-temps fantomatique

Hormis un coup-franc de Neymar passé à côté des cages de Roman Bürki (11e), les Parisiens n’ont rien proposé en première mi-temps. Battus dans l’envie par les Borussen, les hommes de Thomas Tuchel ont beaucoup concédé à l’image d’un Jadon Sancho très remuant dans le premier acte. Heureusement pour le club de la capitale, celui-ci se montrait maladroit dans la finition ou dans le dernier geste. A la mi-temps, le score était nul et vierge et c’était déjà bien payé.

Un deuxième acte guère meilleur

On attendait un sursaut des hommes de Tuchel dans le deuxième acte. Et pourtant, c’étaient à nouveau les Allemands poussés par leur public qui repartaient tambours battants. Offensifs, les joueurs de Lucien Favre tentaient des combinaisons avant de finalement être récompensés par le prodige Norvégien Erling Haaland, profitant d’un tir contré par Marquinhos (69e). 1-0 dans un Westfalen Stadion survolté, on pouvait craindre le pire pour Paris. Cependant, à la 75e minute, sur l’une de ses rares percées, Kylian Mbappé, avec un peu de chance il est vrai, arrivait à mettre en retrait pour Neymar qui n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Paris est revenu. Mais la foudre allait s’abattre à nouveau sur Dortmund.

Haaland le phénomène

De tous les joueurs offensifs, et il y en avait sur la pelouse, on se demandait bien qui allait faire le plus parler de lui. Il est sans aucun doute Norvégien. Deux minutes après l’égalisation de Neymar, le jeune attaquant de 19 ans allait fusiller Keylor Navas d’un boulet de canon en pleine lucarne (77e). Les statistiques sont impressionnantes. L’ancien joueur de Salzbourg a déjà marqué 10 buts en seulement 7 matchs de C1 cette année. Ce n’est pas pour rien qu’Axel Witsel encensait son coéquipier à l’issue de la rencontre pour RMC Sport dans des propos repris par L’Equipe : « C’est un buteur, il a 19 ans, c’est un grand talent, il va devenir un crack. Il a une grosse marge de progression. On espère le garder le plus longtemps avec nous. » Comment le contredire quand on voit la performance du natif de Leeds aujourd’hui ? Pour rappel, depuis son arrivée dans le club de la Ruhr, Haaland c’est 11 buts marqués pour 7 matchs joués. Il devient aussi le deuxième plus jeune joueur de l’histoire à atteindre les 10 buts en Ligue des champions (19 ans et 6 mois) devant un certain Karim Benzema (20 ans et 10 mois) et juste derrière son adversaire du soir Kylian Mbappé (18 ans et 11 mois).

Les « paris perdus » de Tuchel

Adepte du 4-4-2 depuis plusieurs semaines en Ligue 1, Thomas Tuchel a complètement modifié son plan de jeu avant le match. Passant dans un 3-4-3 ou un 5-2-3, l’ancien entraîneur de Mayence a voulu apporter une solidité défensive en essayant de combler les espaces. Force est de constater que cela n’a pas été un pari gagnant. Avec un Idrissa Gueye à la peine dans l’entrejeu et des latéraux en difficulté face à Raphaël Guerreiro, Achraf Hakimi et Jadon Sancho, la défense parisienne n’a jamais été aussi fébrile. Des questions peuvent se poser aussi sur le coaching de l’Allemand. Un seul changement poste pour poste avec l’entrée tardive de Pablo Sarabia à la place d’Angel Di Maria juste après l’égalisation parisienne (76e). Pour le reste, aucune(s) animation(s) sur le banc de touche. Avec un Mbappé en difficulté en pointe, des questions peuvent se poser avec les non-entrées d’Edinson Cavani et de Mauro Icardi. Ce n’est pas seulement la pointe qui a fait défaut au PSG aujourd’hui. C’est toute son animation offensive. Neymar, malgré son but et le fait qu’il ait tenté quelques amorces a semblé emprunté, allant même jusqu’à surjouer même si cela peut s’expliquer par le manque de rythme dont il a bénéficié avant ce match, lui même s’en étant plaint à l’issue de la rencontre, alors qu’Angel Di Maria a été fantomatique. Interrogé à l’issue du match par RMC Sport, Tuchel affirme ne pas avoir de regrets : « Je n’ai pas de regret. C’est facile d’être entraîneur si tu ne l’es pas, d’analyser après. Je dois prendre des décisions après. Je prends des responsabilités. Personne ne sait ce qui se serait passé avec un autre système. » avant de mobiliser ses troupes avant le match retour : « Le match est perdu, mais ce n’est pas fini. Il reste un match au Parc. On va jouer avec de meilleures capacités. Ce n’est pas fini. »

Il est vrai que le PSG aura l’avantage de recevoir au retour et de n’avoir « qu’un » but de retard à remonter. De plus, 55% des équipes ayant perdu 2-1 au match aller se sont ensuite qualifiées. Cependant, il faudra produire plus, beaucoup plus surtout avec les absences de Thomas Meunier et de Marco Verratti, meilleur Parisien du match et le seul à avoir surnagé dans une prestation décevante de l’équipe, tous deux suspendus pour le retour, pour espérer renverser la vapeur. Si tel n’est pas le cas, il se pourrait bien que Paris ne passe pas de quatrième printemps européen d’affilée…

Nathan Bricout