Rencontre à Lille avec Zimmer, le DJ héritier de la french touch

Avec sa house épurée et rafraîchissante, Zimmer a mis tout le monde d’accord au Jardin d’Hiver, ce samedi 29 février 2020. En Faits a pu poser quelques questions à l’artiste.

Ce jeune trentenaire originaire d’Annecy – Baptiste Mours de son vrai nom – vient de signer son premier album et embrasse une carrière internationale depuis quelques années. La rédaction a eu la chance de discuter avec lui après sa prestation au festival du Jardin d’Hiver. Son live a retourné la salle du Grand Sud de Lille juste avant que Cassius ne prenne place derrière les platines. 

En Faits : Avant tout, pourquoi « Zimmer » ?

Baptiste Mours : En fait, c’est un pur hasard. Quand j’avais 16 ans, je mixais pour des anniversaires et il me fallait un nom de DJ. J’ai ouvert un dictionnaire d’allemand et c’est ce mot que j’ai trouvé au bout de deux minutes. 

Et ça veut dire quoi ?

« Chambre », ce qui est quand même nul… (rires) Mais à l’époque, je trouvais que tout le monde prenait des noms anglophones. Je me disais que l’allemand c’était un peu différent et c’est aussi un hommage à mes racines alsaciennes.

Quel est ton univers musical ?

Plutôt la house, le disco moderne… Si là à 4 h du matin je dois te citer quelques artistes qui me plaisent, j’ai envie de te parler de Breakbot, Aeroplane, ou de Caribou, qui vient juste de sortir un nouvel album par exemple. 

Tu arrives à vivre de ta musique depuis combien de temps ?

Environ 6 ans. Au début, la musique était vraiment un hobby que je mettais sur le côté. Je ne savais même pas que c’était possible d’en faire une carrière ! Là, tout ce qui m’arrive, c’est du bonus parce qu’à aucun moment je pensais faire ça de ma vie…

Et à la base, que pensais-tu faire de ta vie ?

À la base je pensais faire du commerce. Quand j’étais gamin je rêvais de dessiner des chaussures… Mais comme je ne dessinais pas assez bien, je suis parti dans le marketing, puis j’ai fait une école de design. 

Comment t’as réussi à percer ?

Pendant ma dernière année d’école, j’avais énormément de temps libre. Donc j’en ai profité pour commencer à créer mes propres morceaux. Il y a eu un titre dont j’étais vraiment fier et je l’ai envoyé à mes trois DJ préférés : Aeroplane, Alan Braxe et Moullinex. Deux m’ont répondu, puis j’ai signé pour un label et c’est allé très vite.

Est-ce que ce métier t’a permis de faire des rencontres ?

Plein ! Par exemple avec Cassius, on a fait un trajet de taxi ensemble. On a pu discuter de synthétiseurs pendant deux heures (rires). 

Dans carrière, est-ce qu’il y a un endroit où tu as mixé qui te laisse un souvenir particulier ?

Il y avait un club à Paris qui s’appelait le Social Club. C’était le club que je regardais de loin, où tous les mecs que j’adorais jouaient là-bas. J’y suis beaucoup allé en tant que clubber et j’y ai un peu fait ma culture musicale. Quand pour la première fois j’étais derrière les platines, c’était fou !

Quand tu mixes, à quoi te servent concrètement toutes ces machines ?

Ce soir j’ai fait un live donc j’avais des synthés, des boîtes à rythme et des claviers. Je suis un peu entre un artiste pop et électro. J’ai un pied dans le monde de la techno et dans la pop. Mais quand t’es DJ, tu joues des morceaux les uns à la suite des autres en faisant des transitions. Chaque bouton te permet de modifier ce que tu veux comme les basses, ralentir ou accélérer le rythme…

Tu as joué pour Cercle aux abords de Bercy, ce qui est quand même une consécration pour tout DJ. Quel retour fais-tu de cette expérience ?

C’était un rendez-vous incroyable qui m’a offert beaucoup de visibilité. Moi ce que que je recherche avant tout, c’est la connexion avec les gens. La musique électronique c’est un vrai dialogue avec les gens.

Quel est le planning de Zimmer pour cette année ?

Là j’arrive un peu à la fin de ma tournée. J’ai fait toute l’Amérique du Nord et j’étais pas mal en France. Je mixe aussi beaucoup au Canada ou au Mexique. Je vais aussi en Asie tous les ans. Je suis censé y aller tout le mois de mai, à Kuala Lumpur, Singapour, Tokyo… Je ne sais pas encore si les dates seront maintenues. 

Propos recueillis par Olympe Bonnet