À Santes, le stagiaire, renvoyé la veille, tire sur le directeur de son entreprise

Le 18 février dernier, Adrien P. tire à la carabine sur le directeur de l’entreprise SECONDLY à Santes à travers la vitre de son bureau. Le directeur s’en sort indemne.  L’affaire qui devait être jugée le vendredi 20 mars 2020 est renvoyée grâce au confinement.

Le prévenu, Adrien P., a commencé un stage d’immersion au sein de l’entreprise SECONDLY le lundi 17 février 2020. Le lundi soir, l’entreprise l’informe qu’elle ne souhaite pas le garder. Le lendemain matin, dès 6h, Adrien P. se rend dans les locaux de l’entreprise, et hausse le ton avec les employés. Il finit par s’en aller. Il revient vers 9h, heure d’arrivée du directeur. Muni d’une carabine, il s’avance vers le bureau du directeur et tire en sa direction. D’après la procureure de la République, “le coup de feu a été évité par la victime grâce au double vitrage coupe-feu” du bureau du directeur. 

Les éléments de l’infraction

Adrien P. est poursuivi pour violence avec usage ou menace d’une arme suivie d’incapacité n’excédant pas 8 jours et dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes. 5 jours d’incapacité travail ont été prescrits au directeur de l’entreprise, le médecin ayant constaté un stress aigu chez la victime. 

“Il a perdu les pédales une fois dans sa vie” avocat de la défense

Adrien P. a 31 ans, il possède une arme depuis 10 ans. Il confie avoir fait du tir dans son enfance avec son père dès l’âge de 8 ans. Il n’a pas de logement stable. Il ne travaille pas. Son dernier emploi : une journée en intérim dans le bâtiment en décembre 2019. L’avocat de la défense plaide le désespoir d’Adrien P., la perte de tous ses repères en apprenant son renvoi. L’avocat de la défense insiste sur le fait que le prévenu est inconnu de la justice : “il a perdu les pédales une fois dans sa vie”. Il demande un contrôle judiciaire et un suivi psychiatrique jusqu’au renvoi de l’affaire. L’expert psychiatre considère Adrien P. pleinement responsable de ses actes.

Placement en détention provisoire et renvoi de l’affaire grâce au confinement

Après délibération, le Tribunal place Adrien P. en détention provisoire pour éviter le risque de renouvellement des faits et toute pression sur les victimes.

L’affaire devait être jugée le 20 mars 2020, mais depuis que la France est en confinement pour lutter contre la propagation du Covid-19, seule l’audience de comparution immédiate est maintenue au tribunal de grande instance de Lille. Les dossiers qui devaient être jugés dans les deux autres chambres correctionnelles sont renvoyés.

Maude Petit-Jové