Coronavirus : le boom des drives alimentaires

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, et surtout depuis le début du confinement, les consommateurs se ruent dans les magasins. Avides de denrées non périssables, mais aussi de produits en tout genres et non nécessaires, les clients de la grande distribution créent des pénuries. Tous les motifs semblent bons pour échapper au confinement, qui pèse lourdement sur le moral des familles, des couples et surtout des personnes seules. Mais qu’est ce qui a changé concrètement ? Qu’en est –il du point de vue de ceux qui travaillent en magasin et qui s’exposent au virus pour ravitailler la demande exponentielle ?  

source : chronodrive

Rencontre avec Loïc Tiberghien, coordinateur expert à Chronodrive Marcq-en-Baroeul.  

Les comportements d’achats ont-il changé depuis le début du confinement ?

LT : « Oui. Même dès le début du coronavirus, il y a eu un changement des habitudes d’achat et surtout du comportement de nos clients.  Lors de l’apparition de cas de coronavirus en France, nous avons constaté une hausse de 30% de la fréquentation du magasin. Ce phénomène s’est accru quand le confinement a été annoncé. Nous accueillons énormément de nouveaux clients : environ 60 par jour contre une dizaine par semaine en temps normal. Le panier moyen a également évolué dans ce sens, en passant de 70 euros en temps normal à plus de 100 euros actuellement. »

L’épidémie risque-t-elle d’engendrer des pénuries alimentaires ?

LT : « Ce n’est pas l’épidémie qui engendrera la pénurie, mes les clients et l’individualisme. Actuellement, dans nos entrepôts nous disposons de stocks qui permettent de tenir des mois. A Chronodrive Marcq, nous sommes ravitaillés 5 fois par semaine. Malheureusement, bien souvent la rupture se fait juste après la réception. Les clients consomment plus que de raison et craignent de manquer en voyant nos ruptures de stocks de certains produits. Cela créé un cercle vicieux. »

Des mesures sanitaires ont-elles été prises par l’enseigne pour limiter la propagation du virus ?

LT «  oui, même si ce n’est pas évident des les appliquer à l’échelle d’un magasin comme le notre, où il y a énormément de passage (près de 4000 clients par semaine et 110 employés). Allant des gestes barrière classiques, à des mesures un peu plus drastiques en demandant par exemple au client de ne plus sortir de sa voiture. Mais cela rend le travail encore plus mécanique. Nous faisons surtout preuve de bon sens et de respect des autres. »

Certains employés ont-ils attrapé le virus ?

LT : «  A l’heure actuelle, il est trop tôt pour savoir si l’un de nous a contracté la maladie.»

Est ce que vous craignez pour votre santé en allant travailler ?

LT : « Je ne dirais pas que j’ai peur, mais cela rest malgré tout dans un coin de notre tête. Nous savons pertinemment que nous sommes et que nous seront exposés à ce virus. Nous essayons d’en discuter entre nous, d’en rire. Non pas que ce soit amusant, mais pour éviter d’être trop paniqués. C’est plus une crainte pour nos vies et pour nos proches. »

Alice GADENNE