« La vision des études est différente entre la France et les Pays-Bas »

Du haut de ses 21 ans, Guillaume est ambitieux et surtout motivé par la découverte de nouvelles cultures. Etudiant en France depuis le début de sa scolarité, il a décidé malgré son jeune âge de quitter son pays natal afin de parfaire ses études en rejoignant la prestigieuse Université de Leyde sur le campus de La Haye aux Pays-Bas. Entretien avec un jeune homme déterminé.

Guillaume, tout d’abord pourrais-tu nous dire dans quel domaine tu étudies ?

Je suis étudiant en Master dans le domaine de l’administration publique avec spécialisation en économie et en gouvernance.

Tu as donc fait tes études en France jusque l’année dernière. Pourquoi ce désir soudain de partir aux Pays-Bas ?

Je me sentais bridé intellectuellement par le système français. Aussi, je voulais découvrir une nouvelle culture ainsi que de nouvelles pratiques administratives.

Je suppose que la réputation de l’université que tu as rejointe a grandement pesé dans ta décision ?

Bien évidemment, cela a beaucoup influencé mon choix. L’université de Leyde est régulièrement classée parmi les cent meilleures universités du monde. Il s’agissait là d’une belle opportunité afin d’avoir un profil plus international, de gagner en maturité mais aussi de me développer sur le plan personnel mais surtout professionnel.

Ressens-tu une ou des différences entre les systèmes scolaires français et néerlandais ?

Les approches sont différentes. Il faut prendre en compte que j’étudiais au niveau Licence en France et Master aux Pays-Bas. Néanmoins, j’ai pu observer des différences par rapport aux parcours que mes collègues ont. Ici, l’approche se veut plus pratique de manière à appliquer la théorie à des problèmes du monde réel qui se posent au XXIe siècle. Les étudiants dans mon domaine étaient mieux préparés en termes de recherche mais aussi d’analyses quantitatives et statistiques.

La vision des études n’est donc pas comparable selon les deux pays ?

Globalement, non. Je dirais que les néerlandais prennent plus de temps avant de finir leurs études. Cela est dû à une flexibilité plus importante au sein des cursus. Je suis parmi les plus jeunes de ma promotion. Mes amis ont 22 ans, certains 24, 25 même voir 28.

Te plais tu ici ? La France ne te manque pas trop ?

La qualité de vie est très bonne aux Pays-Bas. J’ai été très bien accueilli et communiquer est relativement facile dans la mesure où les néerlandais parlent très bien l’anglais pour la majorité d’entre eux. Je me sens vraiment bien ici. Néanmoins, je ne peux pas dire que la France fait partie de mon passé et que je n’y pense pas. Ma famille vit encore là-bas et c’est un facteur essentiel.

On le sait donc, avec tes études, tu risques de beaucoup voyager. Sais-tu de quoi ton avenir proche sera fait ?

Disons que c’est un peu plus complexe. Les carrières dans le secteur public invitent à davantage de stabilité géographique. Mais il est vrai qu’une carrière dans le secteur privé nécessiterait davantage de mobilité professionnelle, en particulier au début de ma carrière.

Tu n’es donc même pas sûr de rester aux Pays-Bas l’an prochain de ce fait ?

Comme vous l’aurez compris, beaucoup de possibilités s’offrent à moi. J’aimerais me réserver du temps le moment venu afin de prendre la meilleure décision à l’instant T.

C’est surtout une questions d’opportunités…

En effet. J’essaie de suivre des chemins qui me mèneront où je le souhaite mais je n’écarte pas quelques écarts par rapport à ce que j’envisageais si des opportunités se présentent.

Tu as donc changé de pays, ambitionnes-tu maintenant de changer de continent ?

A l’heure actuelle, j’aimerais me dédier à une carrière en tant qu’analyste des politiques publiques, si possible au niveau européen. Après comme je l’ai dit, cela se fera en fonction des offres qui se présenteront dans le futur. Disons que j’ai quelques idées mais il m’est dans l’impossibilité de vous dévoiler ce que je ferais même d’ici un an. C’est tellement imprévisible.

Tu as quand même des pistes ?

Oui, tout de même. J’aimerais travailler à Bruxelles, à l’échelle nationale aux Pays-Bas ou dans les pays nordiques. Etant spécialisé dans l’analyse des politiques socio-économiques, je pourrais travailler en lien avec les acteurs institutionnels européens ou gouvernementaux dans divers pays.

Un retour en France est-il donc envisageable ?

Ah, la question qui fâche (rires). Je n’exclus pas la possibilité de revenir en France selon les opportunités. Cependant, ma préférence va plus vers une carrière internationale.

Nathan Bricout