Les couverts en bambou vraiment plus écologiques ?

Depuis le 1er janvier 2020, la France a banni certains plastiques à usage unique dont les couverts gobelets et assiettes. Comme alternative, la restauration rapide et plusieurs magasins proposent des couverts en matière recyclable tels que le bambou. Mais ces couverts en bambou sont-ils réellement plus écologiques ?

Les objets en plastique à usage unique, tels que les couverts ou les cotons-tige, représentent jusqu’à 70 % des déchets marins, estime la Commission européenne. Les couverts sont grandement distribués notamment par la restauration rapide. Même si de plus en plus de personnes prévoient leurs repas ou vont au réfectoire, les couverts jetables sont encore utilisés. La France a donc pris la décision de bannir les couverts en plastique. On retrouve désormais des modèles en amidon ou en canne à sucre. Le Breton Algopack travaille lui sur des assiettes et couverts à base d’algue. Mais le plus distribué reste le couvert en bambou. Alors est-il vraiment plus écologique ?

Il est vrai que le bambou est naturellement plus soucieux de l’environnement. Cette plante fixe « jusqu’à 30% de plus de CO2 que les arbres et libère 30% de plus d’oxygène ». Le bambou n’a pas besoin de pesticides, d’engrais ou d’irrigation pour favoriser sa croissance. Il est également antibactérien et hypoallergénique et surtout recyclable.  Certains parlent même d’un « nouvel or vert ». C’est pourquoi, la vaisselle en bambou est présentée comme une bonne alternative au plastique, à la fois 100% organique et 100 % biodégradable.

Un couvert en bambou pas si éco-responsable

Mais la croissance du bambou peut, s’il est planté hors de son milieu naturel, devenir un prédateur végétal pour les autres plantes. De plus, la production massive de cette plante, tout comme le bois, entraîne la déforestation d’autres espèces. L’Institut fédéral allemand d’évaluation toxique des risques (BfR) expliquait que les couverts et récipients en bambou,considéré comme écologiques, ne le sont pas tellement. La transformation de cette plante nécessite l’utilisation de produits chimiques tels que le sulfure d’hydrogène ou la soude. Et pour créer un couvert, il faut également utiliser une résine plastique de mélanine formaldéhyde qui n’est pas biodégradable. Cette matière  est également toxique pour les reins et cancérigène pour le corps. En Autriche, la vente de vaisselle en bambou a été interdite.

De plus, que le couvert soit recyclable ou compostable il n’est souvent utilisé qu’une seule fois sur le lieu de travail ou dans les universités. Dans ce cas, le couvert nécessite des aménagements adaptés rarement présent. Il devient alors un déchet comme les autres. Le couvert en bambou est une alternative mais pas une solution. L’association ZERO WASTE France souligne que : « Remplacer les biens jetables par leurs alternatives réutilisables dans la mesure où ces dernières sont nettoyées de manière responsable apparaît donc comme une nécessité climatique. » Ainsi, bambou, bois, inoxe, le mieux ce sont les couverts que l’on réutilise à l’infini.

Le meilleur déchet c’est celui que l’on ne produit pas

Charlotte, bénévole pour Zero Waste Lille

Maëlliss Patti