"Ch'ti Talent" la nouvelle "frite rit", un lieu d'échange

Des frites maisons débarquent sur les campus universitaires de Lille. Le food-truck « Ch’ti Talent » tourne entre l’Université catholique de Lille, l’IESEG et ICAM. Inaugurée le 2 mars, la cuisine ambulante est avant tout un projet social. A bord du camion, les personnes en situation de précarité retrouvent un emploi et une place dans la société. Juan Carlos et Sandrine Vanoost font partie de l’aventure et témoignent de leur expérience à Ch’ti Talent auprès de Gabriel leur formateur.

En Faits : Comment est né ce projet ?

Gabriel, formateur : Le projet est une initiative des adhérents de l’association Magdala. Nous accompagnons des personnes en situation de précarité dans la réinsertion sociale. On propose des activités et des lieux d’hébergement mais on ne proposait pas la réinsertion professionnelle. L’idée nous est venue des personnes elles-mêmes. Nous en avons discuté entre bénévoles et adhérents et nous nous sommes lancés dans le projet. Les participants sont des personnes venant des centres d’accueil, des hébergements de nuit ou des personnes en handicap. On leur donne un contrat qui ne dépasse pas 4 mois. Nous tenions également à faire le pont entre deux mondes celui de la rue et celui des étudiants. L’objectif est de redonner une place à ces personnes délaissées.  Le nom de Ch’ti talent est important. On utilise « talent » et pas « solidarité » parce qu’on propose quelque chose de professionnel. L’association Magdala prend en compte les conditions sanitaires. Ils font très attention à la propreté. Les personnes développent de réelles compétences. Toutefois le projet n’a pas vocation a donner un emploi durable. C’est un tremplin pour une nouvelle vie. Pourquoi ce lieu, les coordinateurs et accompagnants tenaient à fait « le pont entre deux mondes celui de la rue et celui de l’étudiant. »

Que faites vous au sein du « Ch’ti Talent » ?

Juan Carlos cuisiner pour Ch’ti Talent: On fait les plats, le lundi on prépare les sauces. Il y a la sauce poutine, la sauce ch’ti talent et la fresh nord. On propose la soupe maison que nous avons préparée et le tout accompagné de boissons et les spéculos. Et par la suite on aura des événements mais ça c’est pour plus tard

Sandrine Vanoost cuisinière pour Ch’ti Talent : Ici on cuisine, on prépare les sauces, on prépare les frites et on accueille les clients. Le plus important c’est le client, l’échange et leur faire plaisir.

La rédaction : Que faisiez-vous avant de faire partie de l’aventure ?

Juan Carlos : Moi je vis à Lille et j’ai tout perdu dans ma vie, c’est comme ça c’est la vie. J’ai vécu dans la rue. Aujourd’hui, ça va un peu mieux. Mais le plus dur quand on est en situation de précarité, c’est la solitude. Avec ce projet, on crée du lien et on réapprend à échanger.

Depuis que vous avez rejoint l’équipe et le projet, qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Juan Carlos : On a commencé le 27 février, c’est un contrat d’insertion, apprendre à se lever le matin, avoir un rythme de travail parce que ça fait très longtemps qu’on n’a pas travaillé. Il faut se lever le matin, on retrouve les collègues, on apprend à travailler ensemble et on apprend par les expériences des uns et des autres. Ce projet nous permet d’avoir un chef avec nous qui nous accompagne, nous explique et nous guide. On travaille en équipe et c’est important. Si ça ne va pas, on règle le problème tous ensemble. On apprend à entendre les critiques de la part des autres mais aussi des étudiants pour mieux faire la prochaine fois.

Sandrine Vanoost : Je fais partie de l’aventure depuis peu, depuis février. Cela me permet d’avoir du contact avec les gens, ça fait du bien de voir des gens, de ne pas être seule chez moi. J’étais vraiment en situation de précarité et ici je redécouvre le monde du travaille.

Maëlliss Patti