Submergé.e.s par le coronavirus : l’INA publie une étude sur la médiatisation du virus

Avant même l’arrivée de la crise sur le territoire, le coronavirus envahissait déjà nos canaux médiatiques et de communication. Du Parisien à BFM, en passant par RTL ou Messenger, notre quotidien est rythmé, depuis la mi-janvier, d’annonces concernant la pandémie inédite qui secoue la planète.

Entre le 1er décembre 2019 et le 19 mars 2020, plus de 8000 heures de programmes, diffusées sur les chaînes d’info en continu, ont été consacrées au coronavirus. Les autres chaînes de la TNT ne sont pas en reste puisqu’on dénombre 400 heures de programmes consacrées au sujet pour les journaux télévisés historiques.

C’est l’Institut national de l’audiovisuel qui a publié cette étude, jeudi dernier, dans La revue des médias. Des chiffres vertigineux, qui illustrent une médiatisation du virus poussée à l’extrême.

Le résultat de l’étude est édifiant. Entre le 16 et le 22 mars seulement, près de trois quarts du temps d’antenne des chaînes d’infos était directement lié à la pandémie. Ce qui équivaut à une moyenne de 13 heures par jour, et par chaîne.

Un retour en force des audiences

Les médias, faisant pourtant face à un manque de confiance et de considération de la part des citoyens, se retrouvent sur le devant de la scène dans la gestion de cette crise sanitaire. Alors que la télévision aurait du faire face à une mort annoncée depuis quelques années, les audiences auraient plutôt tendance à prouver le contraire. Plus de 15 millions de téléspectateurs sont dénombrés, quotidiennement, toutes chaînes confondues. Les chaînes consacrées à l’info enregistrent également de très fortes audiences, dépassant parfois les chaînes historiques comme France 2, M6 ou TF1.

Une autre étude vient confirmer celle réalisée par l’institut national. Tagaday, plateforme de veille médiatique, a également publié une étude via Le Journal du Dimanche, le 22 mars dernier. Ces derniers auraient comptabilisé environ 19 000 articles chaque jour, consacré au coronavirus. Le journaliste Cyril Petit, en charge de relayer l’étude, a expliqué que ce chiffre était calculé grâce à la récurrence du mot « coronavirus » dans les articles.

Plus de 4 millions d’occurrence pour « coronavirus »

Une rapide recherche grâce au portail Europresse nous permet de nous faire une idée. En consultant le nombre d’occurrences du terme « coronavirus » dans les médias et titres francophones, le moteur de recherche -loin d’être complet ou complètement optimal- fait état de plus de 4 millions de papiers. Le pic médiatique, lui, est établit au 19 mars 2020. 3 jours après l’annonce de confinement du président français.

Le mot « pandémie », lui, apparaît plus de 170.000 fois dans les titres français, et aurait eu pour pic médiatique le 26 mars dernier, jour du décès d’une adolescente de 16 ans.

Une actualité centrée autour du virus, aux dépens des autres

Une médiatisation d’un problème majeur et planétaire, certes, mais qui éclipse le reste. Quid du reste de l’actualité nationale ? Internationale ? Difficile de s’informer différemment face à un surplus d’informations ciblées autour d’un seul sujet. Si le public s’en plaint, il en va certainement de même pour les journalistes, condamnés à traiter le même sujet pour répondre aux demandes de l’audience et aux actualités les plus chaudes.

Certains sites, pourtant, tirent leur épingle du jeu et proposent des contenus « garantis sans coronavirus », à consulter sans modération. France Inter propose, par exemple,  « Par Ailleurs« , « cinq infos du monde garanties sans Covid-19 ». quotidiennement. Libération, Le Monde ou Le Parisien, pour n’en citer que quelques uns, publient également des articles « sans virus ». Une façon de s’aérer l’esprit et de s’informer, autrement que via le COVID-19.

Nina Hatte