Le déménagement de la MEL fait polémique en période de confinement

Le confinement entraine une vie au ralenti dans les administrations locales, du moins en théorie. La métropole européenne de Lille se singularise en poursuivant son déménagement dans ses nouveaux locaux. Une décision qui fait réagir.

Le covid-19 n’arrête pas la MEL. Même en plein confinement, les camions de déménagements se succèdent devant le nouveau siège de la collectivité. Un spectacle devenu rare alors que les pouvoirs publics cherchent à limiter au maximum les sorties.

Bien sûr, l’acte de la MEL n’est pas à proprement parler illégal. Le déménagement est une des possibilités légitimes de sortie même pour un particulier. Cependant, pour la CGT du Nord, le maintien de ce déménagement en pleine crise reste inopportun, en ce sens qu’il risque la santé d’employés, tant de la MEL que de l’entreprise chargée du déménagement. Est pointée du doigt également le mauvais exemple ainsi donné pour des travaux qui peuvent sans trop de souci être remis à plus tard. Sont citées en exemple des collectivités, municipalités ou département qui ont, elles, fait le choix inverse d’interrompre tout chantier au nom de la crise sanitaire.

La métropole de son coté défend sa décision. Elle rappelle tout d’abord que le maintien d’une présence dans deux bâtiments, l’ancien et le nouveau siège le temps du confinement, mobilise deux fois plus du personnel, et que l’achèvement du déménagement permet de réduire le nombre d’employés exposés, tout en réduisant la désorganisation lorsque viendra la sortie du confinement. Enfin, elle précise que l’entreprise de déménagement était, quant à elle, absolument désireuse de poursuivre le chantier, mettant en avant la nécessité pour elle de maintenir ce qu’elle peut d’activité. Une option il est vrai de plus en plus privilégiée par le gouvernement qui s’efforce lui-même de faire redémarrer le maximum de chantiers dans l’espoir d’enrayer la crise économique qui s’annonce.

Assurer une sécurité maximum quitte à tout arrêter ou essayer tant bien que mal de faire survivre l’économie. Ce dilèmne national se retrouve donc décliné à l’échelle lilloise. Une situation sans doute appelée à se reproduire ailleurs.

Guillaume Mereb