Pour la micro crèche les Jardins de Lille, la crise du covid-19 est aussi économique

Face à la pandémie du covid-19 et pour la santé de tous, les Jardins de Lille ont décidé de fermer leurs portes au même titre que les crèches et les établissements scolaires. Seulement, en tant que structure privée, la micro crèche ne reçoit aucune aide financière de l’Etat. Aujourd’hui, cette décision pourrait être lourde de conséquences…

« On a beau nous-aussi accueillir des enfants, on n’est pas logés à la même enseigne que les crèches ». Lorsque le gouvernement a annoncé la fermeture des crèches et des établissements scolaires dès le lundi 16 mars pour faire face à la pandémie du coronavirus, la question est restée ouverte pour les micro crèches privées. Melissa Shaimi, présidente de quatre structures dans le Nord /Pas de Calais, dont Les Jardins de Lille, n’a reçu aucun arrêté préfectoral lui demandant d’arrêter toutes activités. Seulement, la jeune femme n’a pas hésité longtemps. « Dans de telles situations, il faut être humain, je ne me voyais pas courir le risque de mettre en danger la santé des enfants et du personnel». Résultat, le mercredi 18 mars, Les Jardins de Lille affichaient portes fermées.

Un manque à gagner de 8000 euros

Habituellement, la micro crèche est ouverte du lundi au vendredi de 7 heures à 19 heures 30 et accueille au maximum 10 enfants sur la même plage horaire. « Les parents payent à l’année selon un forfait. Généralement, c’est celui de 38 heures par semaine qui est le plus choisi. » Aujourd’hui le manque à gagner devient inquiétant pour les Jardins de Lille. « N’ayant pas reçu l’ordre de fermer, on ne perçoit aucune aide de la part de l’Etat mais la CAF (caisse d’allocation familiale) nous engage à ne pas facturer les familles. Les crèches, elles, reçoivent 17 euros par enfant par jour pour éviter de trop grosses pertes financières. Vous trouvez ça normal vous ? » Au total, depuis le 18 mars dernier, la micro crèche aurait perdu près de 8000 euros.

La pérennité des Jardins de Lille en danger

Pour assurer la pérennité de ses quatre micro crèches, Melissa Shaimi multiplie les démarches administratives auprès de la CAF et des maires de chaque ville. « On est plusieurs gestionnaires, à avoir envoyé un courrier mais personne ne nous répond… Pour gérer le mois d’avril, c’est le flou total ». L’équipe des Jardins de Lille a été placée au chômage partiel mais la jeune femme n’y est pas éligible en tant que présidente de la société. « Bien sûr, on pourrait réouvrir mais pour accueillir combien d’enfants ? ». Le lundi 16 mars, les Jardins de Lille avaient déjà perdu 70% de leur effectif habituel. « Sur les 46 familles inscrites dans nos structures, seulement 4 parents seraient encore intéressés par nos services. » Pour Melissa Shaimi, face à une telle situation, il serait logique que les crèches et micro crèches soient mises sur un même pied d’égalité afin qu’elles puissent toutes percevoir l’aide de l’Etat. «  Ou de nous laisser facturer les familles au forfait le moins cher, pour garder un minimum de rentes mensuelles… Sinon, j’ignore jusqu’où tout cela nous mènera ».

Juliette Dicque.