Mystère & Boule d’orgasme : « Le plaisir féminin commence par l’acceptation de se faire plaisir »

Aïcha Abbadi, 23 ans, étudiante à SupdePub est à l’origine d’un documentaire intitulé « Mystère & Boule d’orgasme », elle s’est lancée dans un projet inédit : réaliser un documentaire consacré au plaisir féminin. Ponctué de nombreuses performances artistiques, le documentaire mêle art et beauté du corps féminin.

« Mystère & Boule d’Orgasme » est un documentaire de 54 minutes en Vo français, qui libère la parole autour du plaisir féminin. Un film qui aborde le tabou, les émotions, les sensations, l’orgasme et le plaisir féminin dans la diversité de ses réalités. « C’est le fruit d’une volonté de remettre au premier plan la beauté d’un sujet qui est resté trop longtemps muet dans notre société » déclare la réalisatrice. Le documentaire est composé de témoignages d’hommes et de femmes de tous âges, d’interviews de spécialistes, notamment des médecins, mais aussi des professeur(e)s, dont une chercheuse en porn-studies, des écrivaines et quelques activistes influent(e)s sur le web. Un budget de 8000 euros a été nécessaire pour la production, la post-production, la diffusion et l’envoi aux festivals. Quant au financement, Aïcha a lancé une cagnotte en ligne qui lui a permis de trouver les fonds nécessaires à la réalisation de son projet dont son école a également contribué mais une partie provient de son propre argent. Parmi les 31 intervenants nous pouvons retrouver Camille Aumont Carnel, autrice de « Je m’en bats le clito », Noémie de Lattre, actrice et metteuse en scène, Manon, créatrice de « Le cul nu » ou encore Irène, activiste féministe très influente sur les réseaux ainsi que d’autres personnes comme Christian, enseignant à l’Université ou Elise, autrice.
L’avant-première a eu lieu le 6 mars au Cinéma La Clef à Paris, la première diffusion s’est déroulée le 10 mars au Bar à Bulles de Paris. Les autres projections qui étaient prévues ont malheureusement dû être annulées à cause de la conjoncture actuelle mais la réalisatrice organise des sessions live durant lesquelles il est possible de visionner le documentaire en attendant qu’il soit diffusé en festival, à partir de la rentrée prochaine.

Ci-dessus (au milieu) Aïcha Abbadi, entourée de Camille Aumont Carnel à gauche et de Manon, à droite.

« J’ai décidé de réaliser ce documentaire car je veux que toutes les femmes jouissent. Elles méritent toutes de jouir, comme tout être humain. » déclare-t-elle. Aïcha a vécu jusqu’à sa majorité dans une société traditionnelle et conservatrice où le tabou était l’essence même du quotidien. Un univers d’inégalités où la femme est une moitié d’être humain ; une moitié d’humain, c’est donc forcément une moitié de droits, de légitimité, de connaissance, mais aussi une moitié de plaisir. Le rapport sexuel nous a toujours été présenté, comme un acte ponctué par la jouissance masculine, qui, de par son côté essentiel à la reproduction, a toujours été plus importante.
Suite à un sondage dont la question était « Avez-vous joui au cours de votre dernier rapport sexuel ? », 95% des hommes ont répondu favorablement alors que seulement 65% des femmes y ont répondu favorablement. Cet écart de 30% pointe du doigt une inégalité entre les hommes et les femmes et leur rapport au plaisir. Cette inégalité qui est le fruit, entre autres, d’un manque d’éducation et d’information. Le clitoris joue un rôle majeur dans le plaisir féminin et a longtemps été ignoré et dénigré. Ce manque d’information sert la méconnaissance de la jouissance féminine. Et cette méconnaissance ne fait qu’encourager un système déjà répressif pour la femme. Et pour la réalisatrice, « Renouer avec son plaisir, c’est, pour la femme, renouer avec sa liberté physique, se réapproprier son corps dans une société qui veut l’enchainer et le contrôler en permanence. »

Pour suivre l’actualité, un compte Instagram et Twitter est dédié au projet : mystère.bdrgsm

Romane Firmin