Etre écrivaine aujourd’hui : le récit d’une passion

Magali Tra est une jeune traductrice de la région Haut-de-France. Il y a tout juste deux ans, elle s’est lancée en tant qu’écrivaine et a publié son premier roman. Passionnée par l’écriture, la littérature et, plus étonnant, par les enquêtes criminelles, son choix s’est porté vers le roman policier et les nouvelles d’horreur. Elle nous raconte comment , malgré les difficultés du métier, elle est parvenue à faire de son rêve de petite fille, une réalité.

En Faits : Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir écrivaine ?

Magali Tra: « J’ai toujours aimé écrire, comme beaucoup, voire tous les écrivains. En primaire, j’écrivais déjà des histoires dans mes carnets. Puis, au collège, je tenais un journal de bord dans lequel je racontais ma vie de façon romancée. J’étais l’héroïne de ma propre histoire. Ma passion pour l’anglais est venue à la même période. En 5e ou 6e, j’ai découvert le chanteur R. Kelly avec sa chanson I wish et je me suis amusée à la traduire. Puis j’ai continué avec d’autres chansons. Pendant mes études en Langues Littératures et Civilisations Etrangères (LLCE), j’écrivais sous toutes les formes, c’était un plaisir total. Il y a deux ans j’ai eu envie d’écrire un roman, je me suis dit pourquoi pas et je me suis lancée.

EF: Votre entourage vous a-t-il soutenu ?

Magali: Plus ou moins. Mes proches oui mais mes amis pas vraiment. Pendant cette période je me suis isolée pour me consacrer à l’écriture. En temps normal, je ne sors pas énormément mais là encore moins. J’ai donc moins vu mes amis et certains ne comprenaient pas mon choix.

EF : Qu’est ce qui vous passionne dans le métier d’écrivain ?

Magali : Je n’ai vraiment pas l’impression de travailler. C’est avant tout un divertissement pour moi. Ce qui me plaît également beaucoup, c’est le contact avec le lecteur. Je participe souvent aux salons de livre car je peux échanger avec les gens et je trouve ça génial.

EF: Était-ce simple de vous lancer en tant qu’écrivaine ?

Magali : Pour mon premier livre, Usurpation, je me suis lancée en autoédition. Je voulais qu’il sorte coûte que coûte. J’ai donc imprimé plusieurs exemplaires. Par la suite j’ai cherché des maisons d’édition me correspondant. Ce n’était pas facile. J’ai eu des retours de la maison Jets d’Encre. Et j’ai voulu les rencontrer. Lorsqu’on s’est vus, le courant est tout de suite passé, ça a été un réel coup de cœur et ils ont publié mon roman. Pour mon deuxième livre, Ligne rouge, j’ai voulu tester un autre monde de l’édition : celui de compte d’éditeur et je suis aussi satisfaite.

EF : Quels sont les bons et les mauvais côtés de votre métier ?

Magali : Je dirais que le métier d’écrivain est un métier très solitaire. C’est aussi un métier où l’on est souvent confronté au syndrome de la page blanche, à la panne d’inspiration. Quand ça m’arrive, je me laisse du temps, je me plonge dans les enquêtes criminelles qui me passionnent et qui m’inspirent. Le point positif c’est qu’écrivain est un métier d’échange avec les autres auteurs, avec le lecteur, avec des curieux. Humainement, c’est un métier très riche.

EF : Comment avez vous écrit votre roman ?

Magali : Et comme je suis passionnée de roman policier, c’était évident pour moi d’en écrire un sous le format polar. J’aime le côté palpitant et l’ambiance électrique qu’il y a notamment dans Dix petits nègres d’Agatha Christie, mon livre préféré. Pour « Usurpation », e me suis inspirée d’une enquête criminelle réelle que j’ai vue à la télévision. Deux jumeaux étaient suspectés dans une affaire de viol. Un des deux était coupable mais ayant tous deux le même ADN, il était impossible de savoir lequel. Dans ma tête je me suis dit, je veux que mon roman tourne autour de la question de l’ADN.

EF : Connaissiez-vous toujours la fin de vos histoires ou vous improvisez au fur et à mesure ?

Magali : Non je ne la connais pas, j’ai parfois une idée de fin provisoire. J’ai souvent la trame mais quand je progresse dans la rédaction, je change des choses. J’ai plus ou moins une idée de fin mais ce n’est jamais celle-ci que je garde au final.

EF : Un mot que vous aimez particulièrement?

Magali : « Passion ». Parce que je le suis !

Maëlliss Patti