Fermeture des bars à 22 h, des patrons de bars et leurs clients manifestent à Lille

Depuis le début de semaine, en raison de la crise sanitaire, les bars lillois sont dans l’obligation de fermer à 22 heures. Mercredi soir, près de 300 patrons de bars et clients se sont rassemblés sur la Grand Place pour contester cette mesure.

22 heures, rue Royale, le rideau de fer du Privilège tombe. De nombreux consommateurs restent néanmoins sur le trottoir et commencent à s’échauffer. Ils troquent leurs verres pour des pancartes : « Professions stigmatisées ! », ou encore « Nous ne sommes pas des assassins ! ». La manifestation va commencer. La mesure de fermeture précoce des bars ne passe décidemment pas. Les commerçants se mobilisent, comme le gérant du Privilège, Guillaume Delbarre, à l’origine de ce mouvement.

« Nous, on respecte les protocoles sanitaires. Mais dans les appartements, c’est bas-les-masques. »

Guillaume Delbarre menant le cortège vers la Grand Place. Crédit : Romain Goudarzi

Pour lui et ses collègues de l’association « Main dans la main », la mesure ne prendra sûrement pas fin dans deux semaines. Maxime, client du bar, entre dans le cortège : « J’ai pas d’enfant, j’ai pas de mari, les sorties, pour moi, c’est un équilibre. ».

« On va dans le trou. »

Avant que le cortège ne se mette en route vers la Grand Place, Guillaume Delbarre insiste : « La fermeture à 22 heures, aujourd’hui on ne peut pas l’accepter. On va dans le trou. ». Le public se gonfle rapidement, pancartes brandies, et atteint deux à trois cents personnes devant le Furet du Nord. De nombreux consommateurs, patrons de bars et des membres de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie sont présents. Pour Justine, étudiante lilloise, la mesure n’a pas de sens : « Il est 22 heures, les bars sont fermés. Après la manifestation, on va dans un appartement avec 60 personnes, sans masques, pas du tout encadrés ».

Arthur Marotine