La tête dans le guidon et les mains dans le cambouis

Les mains dans le guidon, atelier participatif situé rue Gambetta à Lille, propose depuis 4 ans de réparer soi-même son vélo. Vieux, récent, propre, sale, en pièces détachées ou entier, tout type de vélo y est admis, à condition d’avoir une réparation à y effectuer. Rencontre avec les acteurs de ce lieu pas comme les autres.

Mercredi après-midi, temps ensoleillé à Lille. La température n’est pas très élevée mais suffisante pour voir des vélos circuler dans toute la ville. Au milieu de la rue Gambetta, un atelier de vélo un peu original attire la curiosité de certains passants. A pied ou en 2 roues, chacun profite à sa façon de la devanture pour observer ce qui s’y passe à l’intérieur et notamment pour apercevoir tous les vélos suspendus des 2 côtés du mur d’entrée. 

Le couloir d’arrivée donne tout de suite l’ambiance du lieu

« Genèse de l’aventure »

Cet atelier, c’est une idée de Vincent Verhaeghe et de Grégoire Seneclauze. Ce dernier nous explique comment leur est venue l’idée : « Vincent Verhaeghe en avait marre d’être dans un endroit (sa cave) qui n’est pas confortable pour réparer ses vélos. Soit l’espace est trop restreint, soit il manque un outil, ou soit il faut en acheter un qui ne servira qu’une seule fois. De plus, il passait beaucoup de temps à faire des tutos sur Internet et à aller dans les magasins chercher les bonnes pièces. » Il manquait donc un endroit où tout cela était réuni et où chacun pouvait donner des conseils aux autres. Les voilà lancés dans cette aventure.

Au départ, il est difficile de savoir si ce type d’atelier participatif va fonctionner. Il en existe peu en France et en Europe. « Les ateliers d’auto-réparation sont répandus mais l’offre est souvent associative et repose sur des bénévoles qui prennent en charge les vélos et qui les réparent eux-mêmes. Il n’y a donc pas cet échange et cette convivialité recherchés. » précise Grégoire. Même dans les pays où le vélo est un moyen de transport très utilisé (au Danemark, aux Pays-Bas ou en Belgique), les réparateurs « classiques » sont les plus fréquents. 

« La convivialité et le partage, mots clés du concept »

La convivialité et le partage. Ce sont ces deux axes que les associés ont voulu mettre en avant dès le départ. Le coin bar, au fond de l’atelier, en témoigne. Ouvert sur le reste de la pièce, il permet de partager un moment avec des passionnés de vélo, qu’ils soient débutants, experts ou tout simplement curieux d’en apprendre plus. Selon Grégoire, l’objectif est de « faire se rencontrer des personnes qui partagent le même intérêt. »

Alors, même s’il est très tentant de s’asseoir, il faut aussi mettre la main à la pâte, ou plutôt dans le cambouis. Réglage de selle, changement de roue, de chambre à air ou customisation de A à Z, tout est possible grâce aux nombreux outils disponibles. Les salariés des Mains dans le guidon, reconnaissables à leur tablier marron, sont toujours présents pour donner un conseil. Vincent Bedoret, qui travaille ici depuis le mois de juillet, nous confie que c’est justement ce contact avec le client qu’il apprécie. « Discuter avec eux, trouver d’où vient le problème et le résoudre, c’est ce qui me plait ici. »

L’entraide est le meilleur moyen de réussir.

Grégoire Seneclauze, co-fondateur, en train de travailler dans la partie bar.

Marie, clientèle depuis le mois d’août et qui revient pour la 2e fois, est du même avis. « C’est un super lieu. Je n’ai pas forcément les outils et l’espace pour réparer mon vélo, donc c’est très intéressant de venir ici. Je pense venir pour faire une seule chose et finalement, j’en répare plusieurs avec l’aide des autres. » Les 50€ d’aide fournis par l’Etat après le confinement l’ont incité à venir dans cet atelier. « J’ai pris l’abonnement à l’année (36€), ce qui me permet de venir quand j’en ai besoin et refaire en autonomie ce qu’on m’avait montré. » L’offre n’a pas tellement changée depuis 4 ans. Les stocks de pièces détachées d’occasion et de matériel neuf se sont peu à peu agrandis pour permettre au plus grand nombre de trouver son bonheur.

Le stock de pièces détachées s’est peu à peu agrandi

« Entraide avec le personnel soignant »

Pendant le confinement, Les Mains dans le guidon a dû fermer ses portes. Mais Grégoire Seneclauze met en avant le fait que l’atelier était accessible au personnel soignant. « S’il y avait une urgence, je venais et j’ouvrais les portes pour que la personne puisse réparer son vélo ou changer une pièce. » 

Depuis le mois de mai, l’atelier est tout le temps plein. La capacité a été réduite pour qu’il n’y ait pas trop de personnes en même temps à l’intérieur. Le déconfinement a eu un impact positif sur la fréquentation de l’atelier puisque bon nombre de citoyens se sont remis à faire du vélo et à vouloir ressortir les trésors enfouis depuis trop d’années dans les greniers. « Ce n’est que depuis cette semaine (début octobre) que les journées sont plus calmes. Nous avons eu un pic pendant l’été » commente Grégoire.

Alors si vous aussi vous voulez profiter de ce lieu, il vous suffit de vous rendre au 166, rue Gambetta à Lille. L’abonnement à l’année est de 36€ et si vous êtes de passage, vous devrez payer 10€ pour pouvoir réparer comme bon vous semble votre vélo.

Amélie Desjuzeur 

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