De l’Empire à la République, Arthus-Bertrand, bijoutier des événements d’exception

Depuis des décennies, Arthus-Bertrand accompagne les familles par son savoir-faire d’excellence. De la Légion d’Honneur à la bijouterie, la maison, héritière d’une tradition séculaire, est notamment implantée à Lille.

Tout commence en 1803. Avant même la proclamation du Premier empire, Claude-Arthus Bertrand fonde sur les quais de Seine une librairie qui, avec les années, deviendra l’un des plus prestigieux bijoutiers de France.

Loin de la ville lumière et de ses palais séculaires, les vitrines de maison brillent aussi sur le vieux pavé lillois. Passé les portes de verre et leurs bâtons des maréchaux en aluminium, c’est un monde rare qu’offre à la vue la boutique. Exposé dans des vitrines, l’or, l’argent et l’émail brillent et émerveillent, présentant autant de traits de l’histoire matérialisés par le bijoux.

Aujourd’hui, la société Arthus-Bertrand repose sur trois traits principaux, tous liés à la méthode traditionnelle de l’estampage.

L’emblématique symbole de la maison qui se retrouve un peu partout, à savoir la Légion d’Honneur, rappelle que c’est ici que sont produites les médailles et distinctions de l’Etat français. Du collier du grand-maître en or de 18 kg à la croix de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, tout est fabriqué à la main selon des techniques séculaires. Viennent s’y ajouter les médailles, dont l’essentiel consiste en celles de baptême, ainsi qu’une importante collection constamment renouvelée de bijouterie. Des boucles d’oreille aux boutons de manchette, tout est possible.

Mais il ne faudrait pas oublier toutes les possibilités et expertises proposées par l’entreprise. Elle dispose en effet d’un important savoir-faire héraldique qui, par la gravure de chevalières armoriées, accompagne encore les plus illustres familles. C’est ainsi que l’on retrouve dans les esquisses qui précédent la gravure les armes des ducs de Clermont-Tonnerre, des princes de Broglie ou des barons de Rothschild.

Aux Légions d’honneur qui illustrent souvent bon nombre d’académiciens, Arthus-Bertrand accompagne aussi les immortels par la réalisation des épées ceintes à leur côté, et ce, depuis 1933. C’est aussi la même entreprise qui confectionne les drapeaux de parade de l’armée française, mais encore de nombreux trophées sportifs ou marques d’excellence.

On ne saurait toutefois réduire l’entreprise à des symboles désuets et un peu poussiéreux qui condamneraient à regarder vers le passé. La maison se lance tout juste dans une collaboration avec la fondation GoodPlanet forte de grandes ambitions. Pour l’une des premières fois dans le monde de la bijouterie, il est en effet proposé aux clients de rapporter des anciens bijoux en or ou en argent qui, cas extraordinaire, ne seront pas repris pour leur valeur au poids, mais recyclés. Si à partir de la matière apportée, une médaille est estampée selon les méthodes traditionnelles de l’entreprise, il faut ajouter que plus du tiers de la somme demandée pour l’exécution est reversé à la fondation GoodPlanet qui s’engage dans les secteurs du développement durable.

Artisan de la perfection, ambassadeur du luxe à la française, Arthus-Bertrand n’est pas uniquement une entreprise parisienne.

Rencontre avec la directrice de la boutique Arthus-Bertrand de Lille

Pourquoi s’installer à Lille ?

La maison Arthus-Bertrand est liée à Paris, avec trois boutiques situées rue Royale, rue Bonaparte et avenue Victor Hugo. Toutefois, lorsque l’entreprise s’est étendue, c’est Lille qui la première accueillit en province la marque. A vrai dire, c’est surtout le résultat d’un concours de circonstance : il y avait autrefois dans cette boutique l’enseigne Mirou qui vendait divers faluches, insignes étudiants et des médailles, comme la Légion d’Honneur et la Médaille militaire, qui toutes étaient produites par Arthus-Bertrand. Cette présence officieuse de la maison pendant de longues années s’est traduite en 2005 par finalement une reprise et amélioration de la boutique. Chose assez amusante, il y arrive régulièrement que des anciens étudiants qui venaient acheter leurs insignes entrent aujourd’hui pour acheter leur alliance de mariage !

Que vendez-vous le plus aujourd’hui ?

Incontestablement, si la maison a fabriqué les épées d’académiciens comme celle de Jean d’Ormesson, ce sont les décorations et la bijouterie qui sont les plus connues à ce jour. Nous vendons quelques chevalières que nous réalisons avec notre graveur de Paris, mais l’essentiel reste les médailles de baptême, à raison de plusieurs par jours.
Comment s’étalonne votre gamme de prix ?

Vous pouvez repartir avec une médaille ou une petite chaîne en argent pour une centaine d’euros. Pour la manchette pour dame en or sertie de diamants qui est la plus belle pièce de la boutique, ce sera quelque dizaines de milliers. Enfin, pour une croix de chevalier de la Légion d’Honneur, il faudra compter environ 300€.

Foucault Barret


La maison située 23 rue Lepelletier (59000 Lille) est ouverte le lundi et mardi de 10h30 à 14h00 puis de 15h à 19h, et du mercredi au samedi de 10h30 à 19h.