Couvre-feu à 21 h, les restaurateurs sur la sellette

Mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un couvre-feu dans plusieurs métropoles, dont celle de Lille. Dans les rues de la ville, les rideaux de fers des restaurants sont quasiment tous tirés.

Depuis quelques temps, les restrictions du protocole sanitaire influent sur la fréquentation des restaurants.« Dans les autres restaurants, il n’y a pas assez de public pour faire travailler les employés », explique Morgan Facq, patron du bar-restaurant l’Assembleur, boulevard de la liberté. « Avec le couvre-feu, comme ils ne peuvent plus travailler qu’à l’heure du déjeuner, c’est simplement plus rentable de fermer et de profiter du chômage partiel pour ses employés. »

Morgan Facq est un des rares restaurateurs à rester ouvert. Pour cause, il est patron de son propre restaurant, ne se verse pas de salaire et n’a qu’un seul employé. Pourtant, l’annonce du couvre-feu par le président de la République le touche également. « On avait mis en place la restauration le soir depuis un moment et malheureusement, on doit tout annuler. »

Bar-restaurant l’Assembleur, boulevard de la liberté. Crédit : Arthur Marotine

Pour contourner le problème, il remet en place un système de « click and collect », une solution alternative qu’il avait déjà essayée auparavant. Cela lui permettra de vendre des boissons et des bouteilles vins à des particuliers.

« On se relèvera du couvre-feu »

Le patron de l’Assembleur n’a pas été surpris par l’annonce du couvre-feu. Lui et ses collègues restaurateurs s’attendaient cependant à ce que l’horaire choisi soit 22 heures, puisque les bars devaient déjà fermer à cette heure jusque-là.

Morgan Facq, patron du bar-restaurant l’Assembleur.

« On se relèvera du couvre-feu, même si avec les mesures sanitaires on peut accueillir moins de clients le midi. En revanche, s’il y a un reconfinement total, ça sera très compliqué. »

Morgan Facq semble pourtant ne pas s’inquiéter outre-mesure. Il parle de certains de ses amis restaurateurs, hors de la métropole lilloise, qui lui ont dit en souriant qu’il aurait mieux fait de s’installer dans la périphérie de la ville. « On fait avec ce qu’on a », dit-il, un tantinet philosophe.

Arthur Marotine