Le jardin participatif de Moulin, un lieu de vie avant tout

Implantée au cœur du quartier Moulin depuis 2014, le jardin Niwa Hanagara est un jardin participatif dédié aux habitants du quartier ou l’on y retrouve également un espace potager.

« L’idée de départ était que les gens se réapproprient leur quartier en leur offrant un espace vert » explique Mahdi Dahmani coordinateur de l’association. Un projet fou d’autant plus qu’ils sont partis de rien. Avec l’aide de la mairie de quartier, l’association Maison Moulin est parvenu à obtenir un terrain mais ils ne savaient pas ce qui les attendait. Mahdi raconte que le jardin n’était au départ qu’une « simple zone de friche » Il explique : »il n’y avait que du lierre, des déchets et des rats qui se baladaient » avant d’ajouter que l’espace était occupé par « des personnes qui se droguaient. Il y avait des seringues partout. Il a donc fallu faire un grand nettoyage« . Difficile d’imaginer cela lorsqu’on le voit aujourd’hui.

Mahdi Dahmani présente l’état du terrain lors de son acquisition. Crédit photo : Louis Nam

Après de gros travaux d’aménagement, le lieu est devenu un réel espace d’échange. Les habitants viennent seuls, accompagnés, en famille ou avec le centre aéré pour passer un moment convivial, boire un café et plus récemment prendre des cours de jardinage. « L’idée c’était un lieu accueillant pour les habitants et par la suite il y a eu un échange de savoir au fur et à mesure de l’évolution du projet« . Aujourd’hui, ils ont un nouvel objectif, passer de 1000 à 3000 mètres carrés afin de passer de 900 à 3000 espèces différents. Ils aimeraient également pouvoir mettre à disposition des boutures contre une faible rémunération, laquelle serait réinvertie dans l’achat de nouvelles plantes ou de matériels.

Un lieu de transmission

Pour Frankie le jardinier, ce projet était un pari fou. « Il fallait oser implanter un jardin entre des barres d’HLM » s’exclame-t-il. Pour lui son plus grand plaisir est « de partager, transmettre, leur faire découvrir des plantes qu’ils ne connaissent pas« . Le jardin dispose aussi d’un espace potager et une serre et les habitants contribuent à son entretien. Lorsque vient le moment de la cueillette, l’association et le jardinier redistribuent la récolte aux personnes ayant mis la main au terreau.

Un habitant du quartier prépare les nouvelles poussent dans la serre. Crédit photo: Louis Nam
Frankie le jardinier dans le potager. Un jardin au pied des HLM. Crédit photo: Louis Nam

Frankie explique qu’il vient d’une famille de producteurs et jardiniers. Comme son père et son grand-père avant lui, il aime le contact avec la nature, la terre et observer les plantes pousser. Mais ce qui lui tient encore plus à cœur c’est la transmission du savoir-faire qu’il détient de ses aînés.

« Moi, j’ai mon grand-père et mon père qui étaient du métier et ils n’utilisaient pas de pesticides, comment tu crois qu’ils faisaient ? Tout à la maison »

Frankie le jardinier

C’est pourquoi, l’association et le jardinier ont décidé d’accueillir également des écoles pour les sensibiliser au jardinage, à la nature et à l’environnement. Une fois de retour en classe, les maîtresses et maîtres assurent un suivi et certains proposent même des ateliers de cuisine dans lesquelles les enfants utilisent les fruits et légumes provenant du jardin. Jackie explique que cet échange a eu un effet positif inattendu sur les écoliers.

« Le fait qu’ils aient semé, qu’ils aient récolté, qu’ils aient cuisiné les légumes et qu’ils voient les copains les manger, ça a changé leur comportement alimentaire à la cantine. Ils mangent plus de légumes »

Frankie le jardinier

Pour le coordinateur Mahdi Dahmani et les participants, cette petite oasis perdue dans un désert de béton « n’est pas seulement un lieu où l’on vient jardinier c’est avant tout un lieu de vie »

Maëlliss Patti