Les jeux vidéo, source de distraction pendant le confinement

Si les plateformes de streaming (Netflix, Amazon Prime) ont le vent en poupe avec le confinement, elles ne sont pas les seules à être plébiscitées par les Français. Les jeux vidéo sont, en effet, très sollicités. Evasion virtuelle, maintien d’un contact social, ils présentent de nombreux avantages pour les joueurs occasionnels.

Selon une étude réalisée par Médiamétrie pour le compte du Sell (syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs), 32% des joueurs jouent plus qu’avant le confinement. Loin d’être une addiction, il s’agit pour les personnes interrogées d’un moyen de distraction idéal. Pour Lisa, étudiante parisienne, « le confinement aurait été insupportable sans les jeux vidéo. Ils m’ont permis d’entrevoir le futur proche avec plus d’optimisme ». Chloé, lycéenne, avoue que cette évasion virtuelle lui a permis de « se vider la tête ». Elle admet toutefois qu’elle n’aurait jamais autant joué s’il n’y avait pas eu de confinement.

Toujours selon l’étude, plus de la moitié des joueurs estiment que cela leur a permis de créer du lien social. Lauren, en reconversion professionnelle située en région parisienne, estime que cela lui a même permis de garder contact avec ses proches. « Venant d’une famille de gamers, le confinement nous a aidé à faire des réunions familiales ‘ingame’ et donc de se voir, sans vraiment se voir. Etant handicapée, ça m’a vraiment aidée moralement ».

Yoann Sarels, co-fondateur du studio Vertical basé à Tourcoing, estime que cet impact se ressent sur toutes les strates de l’industrie du jeu vidéo. Ce studio est spécialisé dans le développement de jeux vidéo web et mobiles. Il a vu « des pics de fréquentation sur certains jeux depuis le confinement comme il n’y en avait jamais eu auparavant ».

Pour autant, depuis 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé reconnaît la dépendance aux jeux vidéo comme une maladie mentale, ce qui a valu de vives critiques de la part de certains spécialistes. Ce 16 novembre, des chercheurs d’Oxford ont publié une étude montrant que certains jeux pouvaient être bénéfiques.

« Contrairement aux craintes répandues selon lesquelles un excès de temps passé à jouer mène à une addiction et à une santé mentale affectée, nous avons trouvé une petite corrélation entre le jeu et le bien-être. Nos résultats confortent l’idée que les jeux en ligne offrent une alternative satisfaisante aux rencontres en face-à-face en cette période exceptionnelle » déclare Matti Vuorre, l’un des auteurs de cette étude

Cette étude se base toutefois sur des jeux non-violents très populaires. Tous les jeux vidéo ne présentent toutefois pas ces bienfaits et peuvent avoir des conséquences sur la santé des joueurs.

Flore Lheureux

*Etude SELL / Médiamétrie « Les Français et le jeu vidéo » réalisée du 1er au 24 septembre 2020 sur Internet auprès de 4 072 internautes de 10 ans et plus.