Superquinquin: pour des courses participatives et coopératives

Entre solidarité, entraide et échange, l’ancienne superette Superquinquin née il y a maintenant 5 ans, est devenue aujourd’hui un supermarché. En pleine croissance, l’enseigne s’installait à la rentrée rue Pierre Legrand, toujours au cœur du quartier Fives à Lille.

« Chaque coopérateur vient trouver ce qui lui ressemble » explique Geneviève Sevrin, présidente et membre fondateur de la coopérative Superquinquin. Il y a maintenant quelques années, celle-ci ressent le besoin de consommer différemment. C’est alors, qu’elle se renseigne sur les supermarchés coopératifs, notamment ceux de New York puis de Paris, avant de se lancer à son tour dans l’aventure Superquinquin.

Consommer autrement

Faire ses courses en devenant coopérateur, sociétaire ou encore bénévole, c’est ce que propose ce supermarché coopératif. Loin d’être de simples clients, ses acheteurs ne se contentent pas d’y venir faire leurs courses, ils s’occupent également du magasin et ce, des rayons jusqu’à la caisse.

Pour fonctionner, le modèle économique du magasin repose sur plusieurs aspects. Il y a tout d’abord, les clients : les membres font leurs courses dans le supermarché, mais aussi les souscriptions : les clients sont sociétaires et enfin le bénévolat : ils assurent aussi gracieusement, la vie du supermarché. Aux côtés de six salariés permanents, ils sont alors repartis dans différentes commissions : informatique, comptabilité, accueil des membres, vie des rayons…

« Ne peuvent être clients que des sociétaires qui sont à jour de leur service bénévole » précise Geneviève Sevrin, une manière de soutenir et de s’impliquer dans le projet. Elle ajoute : « la finalité est d’amener les gens à consommer autrement et à avoir un rapport à l’achat différent dans le cadre d’une entreprise collective ».

Vers une consommation plus locale

Comme une illustration de l’économie sociale et solidaire, l’enseigne rend accessible une consommation différente de celle de la grande distribution. Ses « clients » y trouvent un autre rapport à l’achat mais aussi des produits de qualité, majoritairement bio et local.

« On l’a revu avec le Covid, mais je crois que les gens prennent de plus en plus conscience de l’importance de se nourrir localement » témoigne Geneviève Sevrin. Selon elle, la demande d’alternatives à la grande distribution se fait de plus en plus importante depuis l’ouverture du supermarché et il se pourrait que la crise sanitaire en soit un facteur. « Avec les limites de kilométrages pendant le confinement, les gens ont pris conscience de l’importance d’avoir des producteurs de proximité qui puissent être là au marché » rapporte Geneviève Sevrin.

Si l’exigence d’une production locale ne fonctionne pas sur tous les produits notamment les oranges, le café ou encore l’huile d’olive, Superquinquin privilégie tout de même les produits issus de coopératives même étrangères.

« On est dans la perspective d’offrir une alternative à la grande distribution »

 « Tout coopérateur, quels que soient ses revenus doit pouvoir avoir accès à un panier accessible » explique la présidente. Pour cause, la mixité sociale est un point essentiel à la vie de coopérative et l’argent, ne doit en aucun cas être un frein à l’adhésion. Au moment de la souscription, plusieurs tarifs sont d’ailleurs proposés aux futurs membres.

Ainsi, pour pouvoir rester accessible Superquinquin mise sur la solidarité et le participatif : « notre modèle économique n’est pas basé sur les prix les moins chers et les têtes de gondoles, il est basé sur les sociétaires, clients, bénévoles et des marges à 20% pour continuer à faire vivre le producteur et notre modèle économique ».

Passé de 500 coopérateurs en avril 2017 à 1500 aujourd’hui, Superquinquin compte bien agrandir son équipe de bénévoles pour atteindre sa capacité maximale de 3 000 adhérents.

Manon Serenne