Jean-Luc Garin : « Rire avec ceux qui rient, pleurer avec ceux qui pleurent »

Jean-Luc Garin est ce que l’on appelle un « homme d’église », récemment nommé évêque à Saint-Claude dans l’est, nous nous sommes intéressés à son parcours. Rencontre et ambiance.

Place Saint-Thomas, à Lambersart, dans une maison blanche, au numéro 11, vit ou plutôt vivait Jean-Luc Garin, un des prêtres de la commune. Vivait oui, car il vient d’être nommé évêque à Saint-Claude dans l’est de la France. Le déménagement est proche, si ce n’est imminent. Avec sa tête ronde, amicale et bienveillante, on se sent accueilli chaleureusement. Dans son bureau, sobre, agrémenté de meubles en bois et d’un grand fauteuil rouge, il nous raconte sa vie, ce qu’il a ressenti et ce qu’il ressent aujourd’hui.

Nommé évêque, le père Garin a décidé de mettre sur son nouveau blason cinq pains et deux poissons.

Une vocation

Issu d’une famille d’agriculteur, il allait à la messe tous les dimanches. C’est à la fin de l’école primaire qu’il décide qu’il veut « faire comme Monsieur le curé ». Devenir prêtre donc, à seulement 9-10 ans. Particulier. Il poursuit cette idée qui sera renforcée plus tard, à 17 ans, lorsqu’il entamera une retraite spirituelle. Durant cette dernière « j’ai appris à prier, à lire la Bible et à entrer en relation avec Dieu ».

« Jésus étant sorti, vit là de grandes troupes, et il fut ému de compassion envers elles, de ce qu’elles étaient comme des brebis qui n’ont point de pasteur », Marc Chapitre VI versé 34. C’est ce passage de la Bible qui a poussé le père Garin à entrer au séminaire. « Je me suis dit, vas-y fonce, c’est à toi de jouer maintenant, personne ne peut le faire à ta place ».

Homme de Dieu et Homme de Science

Le sujet des écritures saintes lui parle. Le père Garin attache une importance fondamentale à comprendre et analyser les différents contextes dans lesquels la Bible a été écrite. « C’est en comprenant ces contextes qu’on parvient à donner un autre sens à ces écrits », dit-il en souriant.  Pour lui, bien sûr, « chacun y verra sa propre interprétation ». Aucun doute donc, pour l’abbé Garin, l’éducation religieuse et scientifique sont complémentaires. Exégète (professeur de Bible), il l’aborde cette considération avec ses étudiants en fac de théologie.

« Vivre à l’unisson »

« J’ai été touché par la confiance des gens, leur simplicité. A Lambersart la qualité de vie et le relationnel sont très agréable », explique-t-il avec émotion. Entre les questions sur sa vie lambersartoise, l’abbé Garin marque des pauses, sous le coup de l’émotion du départ sans doute. Il faut dire qu’il a vécu des moments forts dans cette commune, « J’essaie de vivre à l’unisson avec les habitants ».  Une unité d’autant plus importante au vu de la situation sanitaire. La Covid-19 a fait des ravages. Et parmi les êtres partis de Lambersart, Jean-Luc Garin était là. « Ça va peut-être vous choquer, j’aime célébrer les funérailles, car c’est là que le cœur des gens nous parle le plus, qu’il est le plus ouvert », confie-t-il, touché. « Il faut rire avec ceux qui rient et pleurer avec ceux qui pleurent ».

Les derniers cartons sont emballés et encombrent son entrée. Bientôt, il rejoindra l’est de la France, dans une zone plus rurale. « Je passe de rat des villes à marmotte des montagnes », s’amuse Monsieur le curé. Jean-Luc Garin sera ordonné évêque à Saint-Claude. Il reviendra le 3 juillet 2021 pour une célébration à Notre-Dame de la Treille. Bon vent et bonne neige donc.

Louis NAM

A Yves Sergent qui m’a permis de rencontrer Jean-Luc Garin.