MANIFESTATION POUR UN MONDE DE RAVE…

Partout en France, les collectifs techno ont sorti les soundsystem, appelant les teufeurs à la marche contre la loi de Sécurité Globale, et la détention de l’organisateur de la rave-party de Lieuron. Retour sur cette manifestation festive.

Manifestants nantais dansant devant le sound-system d’un collectif

Alors qu’ils étaient 2500 à ‘teufer’ à la rave party de Lieuron au nouvel an, 3000 personnes se sont réunies samedi dernier en opposition à la détention provisoire d’un des organisateurs de la fameuse soirée. Âgé de 22 ans, ce dernier fait l’objet de «16 qualifications délictuelles, dont mise en danger de la vie d’autrui, risquant ainsi jusqu’à 10 ans de prison. Une décision démesurée selon de nombreux collectifs techno, qui ont alors lancé des appels sur les réseaux pour sortir les sound system et accompagner la marche pour la fête libre. 

S’inscrivant également dans un refus de la loi de sécurité globale, cette journée du 15 janvier était donc l’occasion pour les teufeurs de montrer leur visage au grand jour, et de réaffirmer la valeur de la fête dans une société. C’est donc tout sautillant que les manifestants furent plus ou moins bien accueillis par les forces de l’ordre. 

Attroupement autour des premières lacrymogènes lancées.

“On marche juste paisiblement avec de la musique, et ils envoient l’armée. Ça va encore détourner la manifestation de la problématique de base », soupire Quentin, un jeune teufeur qui a suivi l’appel lancé par Techno Flex sur Facebook. Et effectivement, en à peine une heure, ce qui était une marche paisible se transforme en champ de bataille. 

Le pas s’accélère, le son se coupe et les insultes ont remplacé les chants. Face aux cannettes de bières lancées à leur encontre, les forces de l’ordre sortent de violents jets d’eau. “ACAB!”, peut-on entendre parmi le chaos. Les lacrymos parviennent à convaincre les plus téméraires de quitter la ligne de front. La foule se disperse et s’assagit face aux dizaines de fourgons de police encerclant le périmètre.

De toute façon, il est déjà 18h, et il faut rentrer pour le couvre-feu.

Une vingtaine de fourgons de police garées à quelques mètres de la manifestation.